Camoens s'adressse au roi Sébastien
2. Alphonse 1^, qui gagna sur les Maures la bataille d*Ourique à la suite d'un prodige dont le récit se trouve au 3« chant.
3. On peut rapprocher de ce passage les vers adressés au roi Jean III, aïeul de Sébastien, par le poète Buchanan, dont nous avons parlé dans la notice biographique, p. 5.
luquc tuis Phœbus regnis oriensque cadeasquc
Vix longum fesso condcret axe dicm ; Et quscumque vago se circumvulTit Olympo
ÂlTulget ratibus flamma ministra tais.
LES LUSIADES. CH. I (St. 9-12). 309
Je Turc, oppresseur de l'Asie, et Tidolâtre qui boit les eaux du fleuve sacré' ;
Tourne vers moi ce jeune front où brillent déjà les divines clartés qui formeront ton auréole, alors que, parvenu au terme de ta carrière, tu franchiras le seuil du temple éternel. Laisse tomber un regard de bonté sur un enfant des Muses, qui n'invoque leurs faveurs que pour célébrer en vers harmonieux la gloire de son pays.
Oui, c'est à' la patrie que je consacre ma lyre. On ne ^
me verra point demander à la fortune le prix de mes travaux; j'ose l'attendre de la postérité*: Honneur, dira-t-elle, à celui qui chanta le berceau de ses pères ! Écoute : le nom portugais va retentir dans mes chants. Apprends à connaître les hommes que le ciel a soumis à ton empire ; et dis-moi s'il n'est pas plus beau de régner sur eux que de commander au reste du monde.
Écoute : de vaines fictions n'orneront point mes récits ; je laisse aux muses étrangères ces ambitieux mensonges. Les hauts faits que tu vas entendre sont au-dessus des chimériques exploits de Rodomont et de Roger, audessus des prouesses de Roland, fussent-elles avouées par l'histoire.
Au lieu de ces fiers paladins, tu verras un Nuno, le bouclier du prince et le rempart de la patrie ; un Egas- Moniz, un Fuaz ; c'est pour les chanter que je demande la lyre d'Homère. Au lieu des douze pairs de Charle- ^
magne, je t'offrirai les douze Portugais qui, dans les plaines d'Albion, combattirent si vaillamment pour la cause de la beauté. Tu verras enfin l'illustre Gama : près