‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 119 sur 240 · Le Gange, fleuve sacré aux yeux des Indiens · texte numérisé non relu

Le Gange, fleuve sacré aux yeux des Indiens

2. Horace, dans ses vers, compte aussi que son nom [lassera h la postérité :

Non omnis moriar, multaqae pars mel Vitabit LibitinAin. Uique ego postera

Crescam lande reoens, duni

{Od., 111,30, V. 1-3.)

3i0 LES LUSUDBS. CH. I (St. 13-17).

de lui disparait le navigateur troyen dont le Tibre accueillit jadis les vaisseaux.

Veux-tu des rois et des guerriers aussi dignes de renom que les plus célèbres conquérants ? vois le premier Alphonse : le vainqueur d'Ourique est-il moins grand que le vainqueur de Pharsale? Vois Jean !•', élevant son trône sur les trophées d'Aljubaro ta; et Jean II, toujours sûr de vaincre ; et trois Alphonses, dîgn^ successeurs du premier.

Vois cette foule de héros qui, parcourant les royaumes de Taurore, y firent à Tenvi triompher nos étendards : le brave Pacheco, les redoutables Almeidas que le Tage pleure encore, le terrible Albuquerque, l'intrépide Castro, et tant d'autres dont le fleuve d'oubli n'emportera point la mémoire.

Le jour n'est pas loin où ma muse osera s'élever jusqu'à toi. Tandis qu'elle chantera ces guerriers , prends en main les rênes de l'empire, et les prodiges de ton règne enfanteront des prodiges d'harmonie. Que tes armées commencent à presser de leur noble poids les terres africaines et les mers orientales : qu'elles annoncent ta présence à l'univers étonné.

Le Maure, glacé d'eflfroi, lit dans tes yeux sa ruine prochaine. L'idolâtre frémit ; sa tête s'incline, déjà prête à subir le joug. Ta jeunesse, ta fierté naissante ont charmé le cœur de Téthys : elle t'ofi*re sa fille et te réserve pour dot son domaine azurée

Deux demi-dieux, dont le sang coule dans tes veines ' , te regardent du haut des cieux. Tous deux ont brillésur la terre, l'un dans les heureux travaux de la

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