‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 123 sur 240 · Juvenes, quœ cuusa subegit · texte numérisé non relu

Juvenes, quœ cuusa subegit

Ignotas tentare yius? qu5 tenditis? iDquit,

Qui goDus ? Unde domo ? . •

(Virg., Enéide, VIII, v. 112-in.) 3. Gamoens fait descendre Mahomet d^unemère juive et d'un père idolâtre, caractérisant ainsi sa religion qui n'est, en effet, qu'un mélange de traditions judaïques et de l'ancien culte de TArabie.

3. La petite île de Mozambique est située par 38<> 20' de long» £.«

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« remarquable par retendue de son rivage ; mais elle « assure aux enfants de Mahomet la navigation des « ondes de QuiloaS de Mombaze et de Sofala'. L'intérêt « du commerce nous fixe au milieu des indigènes. Dans « leur sauvage indépendance, ils nous ont abandonné « des ports dont ils ignoraient Tusage et des terres qu'ils « ne cultivaient pas.

« Vous trouverez parmi nous des pilotes qui sauront « vous guider vers la terre de l'Hydaspe', vers ces beaux « climats que vous venez chercher de si loin. Le gouver- (c neur de Mozambique est Tami du courage et le protec- <c teur des guerriers : il vous verra; ne doutez point « qu'il ne vous ofiFre tous les secours d'une généreuse <c hospitalité. »

Après cet entretien, qui fut suivi des assurances réciproques d'une sincère amitié, le Maure et ses compagnons rentrèrent dans leurs bateaux. Le jour baissait. Phébus, fatigué de sa course, allait se reposer au seiii d'Amphitrite, abandonnant à sa sœur le soin d'éclairer l'univers.

Une impression de bonheur, difficile à décrire, était restée dans le cœur des Portugais. Le sommeil, cette nuit, n'approcha point de leur paupière. Tantôt ils

15* 1' lat. S. La ville est aojourirhai la capitale de la capitainerie générale dea Portugais qui, s*étendant du cap Delgado à la baie do Lorenio-Marqoei, est subdivisée en sept capitaineries : Mozambique, Querimbe, Quilimane, Sena, Sorala, Inbambane, Babia-de-Lorenzo- Narquei Elle fait un commerce important d*or, dUvoire et de riz.

1. Quiloa, par 37o 26' long. E., S» 41' lat. S., capitale de l'anciun royaume de ce nom , après avoir été très- florissante au seizième siècle, est Tort déchue aujourd'hui et dépend de l'iman de Mascate.

2. Sofala est située sur la rivière du même nom, à 900 kil. S.-O. do Mozambique, par 33<>6' long. E., 20» U' lat. S. Elle n^esl actuellement qu*un assemblage de huttes défendues par un Tort portugais.

8. L'Hydaspe, Uydaspes, fleuve de iMnde, se nomme aujourd'hui Djelem. C'est sur ce fleuve que le roi Porus fut battu par Alexandre, qui s'y embarqua avec deux cents vaisseaux pour gagner Tlndus et rOcéan.

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voyaient la route de Tlnde s'aplanir devant eux ; tantôt ils ramenaient leur pensée sur les mœurs singulières, sur le génie d'une nation qui, répandue avec ses erreurs dans toutes les parties du monde, allait servir de guide en Orient aux navigateurs du Tage.

Phébé régnait dans les airs, et de ses clairs rayons argentait la surface des flots. Le ciel, émaillé d'étoiles, off'rait rimage d'un champ parsemé de fleurs. Les vents dormaient dans leurs prisons profondes ; les sentinelles attentives continuaient de veiller avec leur prudence accoutumée.

Mais aussitôt que l'Aurore eut éparpillé dans les cieux l'or et les roses de sa chevelure ; aussitôt qu'elle eut annoncé le réveil du dieu du jour, toute la flotte se couvrit de riches tentures, de banderoles élégantes, pour fêter l'arrivée du chef des musulmans.

Il venait de quitter le rivage, et fendait rapidement les ondes, apportant à la flotte une eau pure et de frais aliments. Il prenait les Lusitaniens pour un de ces peuples belliqueux ^ qui, des bords de la mer Caspienne, partirent autrefois pour la conquête de l'Asie, et que les destins ont rendus maîtres de l'empire de Constantin.

Gama, d'un air empressé, reçoit les insulaires, et présente à leur chef des étofl'es que l'Europe a tissues, des fruits que le sucre a conservés, et l'ardente liqueur dont l'usage est inconnu sous le ciel africain. La joie du Maure éclate à la vue de ces présents, et s'anime encore au milieu d'un festin qui flatte son orgueil et son goût.

Les matelots, du haut des cordages, observaient avec étonnement la figure et les manières de ces étrangers, la rudesse et l'obscurité de leur langage. De son côté, le Maure astucieux ne considérait pas sans surprise le teint,

1 . Les Turcs, mattres de TArabie et de plusieurs ports sur la mer Rouge, s'étaient déjà montrés sur les côtes orientales de rAOrique.

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rhabillement des guerriers, la force et la grandeur de leurs vaisseaux. Mille idées contraires se succèdent dans son esprit, mille questions se pressent sur ses lèvres.

« Ne venez-vous point, leur dit-il, du pays des Ot- (( tomans I N'êtes- vous point, comme nous, les disciples « du prophète ? Montrez-moi les livres sacrés où vos lé- « gislateurs ont tracé les règles de la morale et de la (c foi. » Le sectateur de Mahomet commençait à soupçonner en eux des adorateurs du Christ. Dans son inquiète curiosité, il veut tout voir, tout connaître, jusqu'aux armes que les Portugais opposent à l'ennemi dans les combats.

Un habile interprète lui transmet la réponse du héros : « Tu connaîtras. Seigneur, ma patrie, mon culte et « mes armes. Je ne suis ni du pays, ni de la race des « Turcs. Enfant de l'Europe guerrière et civilisée, je « cherche les terres orientales si renommées dans Tu- « nivers.

« Le dieu que j'adore est celui qui gouverne la terre « et les cieux. La nature vivante, la nature inanimée, « le monde et ses merveilles sont l'œuvre de sa puis- « sance. Ami des faibles humains, il a souffert pour « eux rinjure etla mort, et n'est descendu du ciel que « pour les y faire monter avec lui.

« Les livres sacrés que tu demandes, ce code im- « mortel qu'inspira l'Homme-Dieu, je ne le porte point « avec moi. Ai-je besoin de lire sur des feuilles péris- « sables ce qui est écrit dans mon cœur? Quant aux arec mes des Portugais, comme ami tu les verras : j'aime <c à penser que tu ne voudras jamais les voir comme « ennemi' . »>

1. Aux questions du gouverneur de Mozambique, à Pinquiète curiosité des Maures, Gama a senti le danger de sa position. 11 veut leur donner une idée de sa Force et prévenir les mauvais desseins quMls pourraient méditer contre loi. Il vient de faire, en présence des dis-

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