‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 129 sur 240 · Tristior, et lacrjmU oculos «uffusa nitentes · texte numérisé non relu

Tristior, et lacrjmU oculos «uffusa nitentes

Alloquitur Venus (Virg., Enéide^ I, t.. 228-229.)

342 LB8 LUSIADBS. GH. II (St. 42-45).

Telle paraît la rose hnmeotée des pleurs de TAurore. Un moment silencieuse, elle s^efforçait de rappeler sur ses lèvres la parole expirante, lorsque Jupiter Tempêcha de poursuivre.

D n'a pu résister aux larmes de Vénus. Ému de pitié, il porte sur elle un de ces regards qui dissipent les orages et ramènent la sérénité dans le ciel^ Il essuie les pleurs de Gythérée , Tentoure de ses bras caressants, la flatte et la console. 0 Vénus ! le père des dieux a ressenti lui-même ton pouvoir.

Dans les bras de Jupiter, elle sanglote encore plus fort. Tel Tenfant que sa nourrice a grondé, se désespère au milieu des caresses, et redouble ses intarissables pleurs. Pour calmer enfin la douleur de Vénus, le maître du tonnerre fait briller à ses yeux de prophétiques images ; et, fouillant dans le sein de Tavenir :

« Fille chérie, dit-il, ne doute plus de ton empire sur « mon cœur. Eh I comment résisterais-je à des larmes (c qui te rendent plus belle encore ? Cesse de craindre « pour tes héros : tu les verras, crois-en mon inviolable « promesse, tu les verras* triompher en Orient et suret passer par leurs exploits les plus illustres guerriers de « la Grèce et de Rome.

« Si le sage Ulysse a pu se dérober à l'éternel escla- « vage de Galypso, si Anténor ', a pénétré dans le golfe

1 . OUI Bubrident hominum sator atque deorum, Vultu quo cœlum tempeslateBqoe serenat, Oëcola libavit natœ; dehine talia fitur.....

(Virg., Enéide, I, ▼. 254-256.) Dans rÉnéide comme dans les Lusiades, Vénus implore Jupiter en faveur des héros qu'elle protège. La réponse du dieu est également une prédiction de leur grandeur future.

Page 1