‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 135 sur 240 · In fréta dum fluvii carrent · texte numérisé non relu

In fréta dum fluvii carrent

(Virg., Enéide, l, ?. C07).

354 LES LUSUDES. CH. II (St. 86-89).

« à redouter ici*. Vos actions héroïques vous ont mérité « Testime de l'univers : quiconque agit mal envers vous, € est étranger à toute pensée généreuse.

« Je regrette, je Tavoue ' , de ne pas voir au milieu « de nous le héros qui vous conduit ; son hommage « eût flatté mon,, cœur. Mais je regretterais bien plus (( encore que, pour satisfaire à mes désirs, un serviteur « fidèle eût trahi son devoir et démenti sa vertu.

« Demain, dès que les premières clartés du jour au- « ront dissipé les ombres, j'irai visiter vos vaisseaux. «[ Il y a longtemps que j'aspire à les voir. S'ils ont souf- « fert d'un si long voyage, ils trouveront ici de quoi ré- (( parer les injures des flots. Mélinde vous ofTrira des « cœurs amis, des pilotes intelligents et des vivres en « abondance. »

Ainsi parla le roi de Mélinde. Et déjà le fils de Latone touchait de son char de feu les flots rougissants, lorsque l'ambassadeur de Gama remonta dans la nef légère qui l'attendait au rivage. A peine a-t-il reparu parmi les siens et redit les paroles du monarque, qu'un transport général éclate sur la flotte. Soldats et matelots, tous se félicitent du bonheur inespéré que le ciel leur envoie.

La nuit a perdu ses ténèbres. L'air se remplit de météores artificiels imitant la tremblante lumière des comètes ; les cieux, la terre et l'onde retentissent de leurs éclats ; les bombes aux ailes de feu s'élancent au milieu des cris de joie et des accents guerriers de la trompette et du clairon. Tels étaient sans doute a Lemnos les terribles jeux des compagnons de Vulcain.

!• Tum brevitcr Dido, vuUum demUsa, profatur :

« Sohite corde metum, Teucri; secludite curas

(Virg. Enéide 1, v. 561-562.)

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