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Si prima repetens ab origine pergam

Et vacet annales nostrorum audire laboruin, Ante diem claaso componet Vcsper Olympo.

(Id., I, V. 372-37».) 3. Voy. notice littéraire, p. 71 et 72.

LES LUSIADES. CH. III (SU 7-10). d63

0 nord, à roccident, TOcéan Tentoure de ses flots : au « sud, la Méditerranée baigne ses rivages.

(c A Torient, elle confine à TAsie. Deux grandes li- « mites Ten séparent : le Tanaïs ', qui du haut des « monts Riphées court à longs replis se perdre au sein « des ondes Méotides ; et cette mer orageuse qui porta Kt jadis vers les rivages dllion les vaisseaux de la Grèce « irritée. Ilion n'est plus. Le voyageur attristé en cherche « en vain les débris.

« Au-dessous du pôle apparaissent les monts Hyperce boréens. C'est là que les fougueux enfants d'Éole ont K fixé leur séjour. C'est là que le flambeau du monde « semble s'éteindre sur des sommets couverts de neige « et sur les glaces éternelles qui chargent les mers, les (( fleuves et les fontaines.

« Au pied de ces montagnes et dans .eurs profondes « vallées vivent errants des peuples divers qui jadis dis- « putèrent d'antiquité avec les peuples de TÉgypte*. « Peuples aveugles qui cherchiez à connaître le berceau « du genre humain, que ne le demandiez-vous aux cam- « pagnes de Damas ?

« Non loin des régions polaires s'étendent la froide

K On croyait anciennement que le TanaïB prenait sa source dans les monls Riphées, au nord-est de la Russie d'Europe. Mais ce fleare, qu'on appelle maintenant le Don^ sort du lac Ivan-Osero, dans le grouvemement de Toula; après avoir coulé au sud, puis au sud-est jusqu'au pays des CoMques du Don, il se dirige vers le sud-ouest et tombe dans la mer d'Âsov. Son cours est de 1,450 kilomètres.

2. « Scytharum gens antiquissima semper habita, quanqaam inter Scythas eti£gyptiosdiu conlentio de generis vetustate fùerit... » (Justin, liv. 11). Justin, qui raconte fort au long cette grande contestation des Scythes et des Égyptiens, trouve très-fortes les raisons que faisaient valoir les Scythes, et se prononce en leur faveur. Gamoens s'en rapporte à la Genèse, et il est vraisemblable que, par une figure de rhétorique très-familière aux poètes, Tauteur des Lutiades prend ici la partie pour le tout, et que, par les campagnes de Damas, il entend toute celte région de TAsie où coulent TEuphrate et le Tigre qui, d*après la Genèse, arrosaient le paradis terrestre.

364 LES LUSIADBS. GH. III (St. 11-12).

« Laponie, Tinculte Norwége et Tîle des Scandinaves, « de ces guerriers farouches dont lltalie n*a point oublié « les victoires ^ Un bras de Tocéan Sarmatique se procr longe entre les rivages de la Prusse, du Danemark « et de la Suède, et revoit au printemps les vaisseaux <c que rhiver enchaînait dans les ports.

« Entre cette mer et le Tanaïs habitent le Russe, le « Moscovite, le Livonien. Ils ont conservé la barbarie* '< des Sarmates, leurs ancêtres. Les monts d'Hercynic*^ « sont foulés par les Polonais, qui furent les Marco- « mans. Les Bohémiens, les Saxons^ les Pannoniens c( cultivent les contrées que fécondent les eaux de TEms, <( de TElbe, du Danube et du Rhin. Ils obéissent à « Taigle germanique.

« Entre les derniers flots du Danube et le détroit qui « vit tomber Hellé^, s*agitent les Thraces belliqueux, (c La patrie du dieu Mars est esclave de TOttoman; « THémus * et le Rhodope frémissent sous les pas des

1. 11 B*agU ici des guerriers d'Alaric qui ravagèrenl lUlalie et sacetgèrenl la ville de Rome en 409.

2. Au temps où écrivait Gamoens, les Russes étaient encore barbares rPierre-AIexiowiti n^avait pas paru.

'1. La forêt Hercynienne, Hercynia SUva, en allemand Barzwald^ s'étendait, suivant César, dans toute la Germanie^ du Rhin à la Vistule ; il lui donnait une longueur de soixante Jours de marche et une épaisseur de neuf Jours. La Forêt-Noire, ainsi que les bois qui couvrent les montagnes du Harts et de TEngebirge, n*en sont que des restes.

4. Un oracle ayant déclaré que la peste qui ravageait lolchos prendrait fln, si le roi Alhamas consentait h immoler aux dieux ses deux enfants Phryxus et Heiié, ceux-ci allaient être sacrifiés lorsqu'ils furent tout à coup entourés d^un nuage et transportés par un bélier à toison d*or à travers la mer qui sépare lolchos de la Colchide. Effrayée du bruit des flots, Hellé se noya dans ce détroit que les anciens nommèrent THellespont et que nous appelons les Dardanelles.

5, L*Hémus, Hcemus, qui se nomme aujourd'hui le Balkan, est une ehatne de montagnes qui sépare la Thrace de la Mésie-Inférieure, oourt de l'ouest à Test, Jetant au sud-est les monts Rhodope {Detpoto- Dagk), et ib«utit «u Poni-Eaxiii.

LES LUSIADES. GH. III (St. 13-16). 368

« Barbares ; Byzance est tombée sous le joug ! L'ombre « de Constantin a gémi de cet affront.

« Franchis la Macédoine que baignent les froides « eaux de TAxius*. Voici la Grèce. Salut, terre féconde « en héros, patrie de Téloquence, des beaux-arts et de « la liberté ! Noble contrée ! La gloire des armes et le € génie des lettres ont porté ton nom jusqu'aux cieux.

« Non loin de l'antique cité d'Anténor' s'élève du « sein des eaux la superbe Venise. Humble à sa nais- » sance, elle règne aujourd'hui sur le golfe qui baigne « le pays des Dalmates. Cette terre qui s'avance au mice lieu des flots, c'est l'Italie. Le monde est plein de ses « trophées ; son génie éclaira les nations qu'avîdt sub- « juguées sa valeur.

« Les flots lui servent de ceinture et les Alpes de rem- « parts. L'Apennin la parcourt et la divise; l'Apennin « qui fut jadis témoin de tant d'exploits ! Rome n'est « plus la fille de Mars ; ses guerriers reposent dans la « tombe. Elle obéit au ministre sacré d'un souverain « dont le royaume n'est pas sur la terre.

« La Gaule apparaît à nos yeux ; la Gaule, autrefois le « théâtre des triomphes de César. Elle est arrosée par « la Seine, le Rhône, la fraîche Garonne et le Rhin au « lit profond. Sur une de ses limites s'élèvent les mon- « lagnes où fut ensevelie la nymphe Pyrène*. L'or et

1. L'AxiuB s'appelle auJourdMiui te Vardari, G*esl un fleuve qui sort du versant oriental du Tchar-Dagh et se jette, après un coars d'environ 280 kilomètres, dans le golfe Salonique.

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