Padoue. Voyez la note de la st. 45 du ch
Hic tamen ille urbem Patavi scdesque locatit Teocrorom, et genti nomen dédit, ariuaque Gxit Troia.
(Virg., Enéide, I, v. «47-2*9.)
3. Pyrène, fille de Bébryx, roi de celte partie de TEspagne qui confine à la France, Tut séduite par Hercule. Fuyant la colère de son pCre, elle se sauva dans les montagnes, et y fut dévorée par les bétes sauvages. Hercule Tensevelit sur une de ces montagnes qu*on appela
ij
366 LES LUS1ADES. CH. III (St. 17-20).
a Targent ont coulé, dit-on, de leurs flancs embrasés.
« Du haut des Pyrénées se découvre la noble Espagne. c( C'est la tête de TEurope. Sa gloire et sa puissance ont « subi de nombreuses révolutions. On Ta vue plus d'une « fois au bas de la roue de la fortune; mais jamais Tinc( constance du sort, jamais la force ni l'adresse ne sauce ront abattre ou flétrir les cœurs généreux qu'elle « enfante.
« Elle s'avance vers la Mauritanie et semble vouloir « fermer le détroit qui fut le dernier des travaux d'Al- « cide. Forte de son courage, de l'étendue de son terri- « toire et du nombre de ses ports, elle embrasse et voit « fleurir sur son sein difl*érentes nations qui toutes riva- « lisent de noblesse et de valeur :
ff L'Aragonais qui s'illustra par la conquête de Tin- « quiète* Parthénope', l'Asturien qui vit tous les ef- « forts des musulmans se briser au pied de ses rochers, « le Navarrois belliqueux, le Galicien fécond en strata- « gèmes, les peuples de la Bétique, de Grenade et de « Léon, les guerriers de Tolède et l'héroïque Castillan « qui devait un jour réunir tous ces peuples sous sa glo- « rieuse domination.
ff L'Espagne est couronnée par la Lusitanie qui borde « la mer et voit le soleil descendre dans les flots. Le ciel
depuis Pyrénées. Lean mines précieases ont fait dire qu'il en coulait des ruisseaux d*or et d'argent. Diodore de Sicile prend la chose à la lettre. 11 prétend qu'une troupe de pasteurs ayant un jour allumé du feu sur ces montagnes, l'incendie consuma de vastes forêts et produisit un embrasement tel que les métaux fondus dans' le sein de la terre jaillirent et coulèrent de toutes parts. Ainsi, selon Diodore, le nom de Pyrénées Tiendrait de pur^ puros, qui, en grec, signifle feu. (M.)
1. L'épithète d*inquiète^ comme le remarque La Harpe, est parruitement justiûée par le voisinage du V<?sure.
2. La sirène Parthénope, désespérée d'avoir vu Ulysse résister aux Charmes de sa voix, s'était donné la mort; les habitants du pays lui élevèrent un tombeau sur le rivage, et près de là se forma une ville qui fut appelée de son nom Parthénope^ plus tard Neapolis (Naples).
LES LUS1ADES. GH. III (St. 31-24). 367
« a voulu que la Lusitanie triomphât des enfants d'Aï- (( manzor, qu'elle les rejetât de son sein, et devint à son « tour la terreur de TAfrique. C'est mon pays, mon cher « pays. Puisse le ciel y ramener mes heureux navires I « Puissé-je, à la fin de ma laborieuse entreprise, revoir « ses doux rivages, les fouler encore et mourh* !
(( La Lusitanie doit son nom à Lusus, à cet ancien « guerrier qui suivit Bacchus dans ses voyages, et s'ari< rêta sur cette terre dont il fut le premier habitant. « Elle a vu naître le pâtre fameux dont le nom seuP, « annonce la force et le courage. Il efi*raya la fortune ({ des Romains, et couvrit de confusion leurs pins ce- (( lèbres généraux. Ainsi débutaient sur la scène du « monde les fiers descendants de Lusus.
« Le vieillard qui dévore ses propres enfants, le a Temps, qui tour à tour élève et détruit les empires, « avait reçu du Destin l'ordre secret de donner un jour « à la Lusitanie un rang illustre parmi les royaumes de « l'Europe ; et voici par quels événements s'accompli- « rent les décrets du ciel.
(( Alphonse r^nait en Espagne ' , Alphonse le fléau « des Maures et le vengeur des chrétiens ; la Castille le « proclamait son libérateur. Le bruit de ses exploits « vola des colonnes d'Hercule aux montagnes Casce piennes, et les guerriers en foule vinrent chercher « sous ses drapeaux les périls et la gloire.
« Ils quittaient pour les combats leur patrie, leurs « tranquilles pénates et les châteaux de leurs aïeux. Si « l'amour de la renommée excitait leur courage, le zèle i< de la foi les enflammait encore davantage. Leur bril-
1. Voyex sur Viriate la notice historique, p. 116 et 117. CamoeiM fait dériver ce nom de vir, homme courageux, vires, forces, courage.
2. Voyez, sur Alphonse et la récompense qu*il accorda à dom Henri, la notice historique, p. 138»
368 LBS LUSIÂDES. CH. III (St. 25-29).
a lante intrépidité, leurs exploits attirèrent sur eux les <( regards et les bienfaits d'Alphonse.
« Parmi ces guerriers brillait le valeureux Henri. Se- (( cond fils d'un roi de Hongrie, il avait appris de son « père Tart de gouverner les peuples. La Lusitanie, qui « n'était pas encore un royaume, fut le prix de sa vail- « lance. U reçut, avec le titre de comte, un don plus « cher à ses yeux, la main d'une princesse qui devait le « jour au monarque espagnol : Tauguste Thérèse alla « s'asseoir avec lui sur le nouveau trône élevé par Al- «r phonse.
« Le héros se montra digne de sa fortune. Il remporta « d'éclatantes victoires sur les enfants dlsmaël, et réu- « nit à ses domaines le territoire des vaincus. La nais- « sance d'un fils couronna tant de prospérités. Réjouis- « toi, Portugal, les jours de ta grandeur sont arrivés : « ce fils, présent du ciel, ceindra le diadème des rois.
« Vainqueur des infidèles sur les bords du Tage et du « Douro, Henri les combattit sur les bords de ce fleuve « plus célèbre dont les ondes baignèrent jadis le corps « d'un Dieu. H vit tomber les murs de Solime, et le scep- « tre de Godefroy remplacer le joug de l'impie.
« Il venait, à l'exemple des princes chrétiens, de ren- « trer dans ses États, quand le sort fatal vint terminer « le cours d'une si belle vie : il rendit son âme à celui « qui la lui avait donnée. Son fils^ sa vivante image, M avait à peine atteint l'âge heureux de Tadolescence ; « mais il promettait un digne héritier des vertus de son « père, et marchait l'égal des héros.
« Sa mère*, en croirai-je une tradition qui remonte « au berceau de la monarchie portugaise ? Sa mère ne « craignit point d'offenser les mânes de Henri, et de force mer les nœuds d'un second hyménée. Dans son délire,