‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 144 sur 240 · Voy. notice historique, p. 138 et · texte numérisé non relu

Voy. notice historique, p. 138 et

LES LUSlÂDBS. GH. III (St. SMS). 369

« elle s*empare du sceptre, le livre à Transtamare, et « revendique comme sa dot tous les domaines de l'il- « lustre orphelin.

(c Alphonse (c*était le nom que le jeune prince avait <c pris de son aïeul) , Alphonse s'indigne et frémit. Dé- « pouillé par sa mère, persécuté par un t3rran, il conçoit « le hardi projet de reconquérir son héritage. Il le mé- (c dite avec prudence, et Texécute avec audace.

« La guerre intestine s*allume. Les champs de Gui- « maraens se rougissent du sang des familles. Une mère « marche contre son fils. Ambitieuse et superbe, elle « brave le ciel et la nature. L'amour maternel est éteint c( dans son cœur ; un autre amour la subjugue et Ten- « traîne.

« Barbare Progné, impitoyable Médée, vous qui ven* <( geàtes sur vos propres enfants les outrages de leurs « pères, le crime de Thérèse surpasse encore le vôtre. <c Et toi, que Tamour rendit parricide, fille de Nisus * , c( le délire des sens avait seul égaré ton cœur : le délire « des sens et la soif de régner ont armé Thérèse contre » son fils.

c( Cependant la victoire a couronné le parti le plus « juste. Alphonse est triomphant ; les armes sont tom- « bées des mains des rebelles ; mais la colère égare le « vainqueur : Thérèse est chargée d'indignes fers. Mal- « heureux Alphonse ! as-tu donc oublié que Thérèse <( est ta mère ' , et que le ciel venge tôt ou tard les droits « de la nature offensée î

1. Scylla, QUe de Nisus, qui régnait à Mégare, s'éprit d^amourpoor Uinos et coupa le cheveu fklal auquel tenaient le sort de la fille assiégée et la vie du roi. Nisus, en la poursui?ant, fût changé en éperfier; Scylla lui échappa sous la forme d'une alouette.

Apparet liquide tublimis in aère Ni tua. Et pro purpureo posnaa dat ScyUa capiUo.

(VilO., Géorg., I, t. 404-405.)

Page 1