‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 148 sur 240 · LB8 LUSIADB8..CH. III (St · texte numérisé non relu

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V a 0 grand Pompée ! ne gémis plus de tes revers ; parce donne à Némésis, au Destin qui te livre à César. Les <c bords du Phase qu'environnent les frimas, les campa- M gnes de Syène que le soleil dévore, TOurse glacée et ^< Fardent Écpiateur ont tremblé au seul bruit de ion <i nom.

« L'opulente Arabie, les féroces Sarmates, la Golchide « si célèbre par la toison d'or, la Gappadoce, la Judée <c qui n*adore qu'un Dieu, les Syriens efféminés, les Ciliée ciens barbares, rArménie qui reçoit d'une montagne « sacrée les eaux de l'Euphrate et du Tigre :

<c Toute la terre enfin, depuis la mer d'Atlas jusqu'à 4c la cime du Taurus, a vu ta gloire et tes triomphes. Si « la fortune t'abandonne à Pharsale, ne rougis point de « ta défaite ; le vainqueur d'Ourique, Alphonse, est dans <c les fers ; il n'en sortira que dépouillé de ses conquêtes. « Un même destin vous accable : Alphonse est vaincu « par son gendre, comme tu le fus par ton beau-père.

ce Les revers du monarque avaient réveillé l'audace ce des enfants de Mahomet ; mais tous leurs efforts vince rent échouer contre lui sous les murs de Santarem. ce La justice divine était satisfaite. Des soins religieux (c succédèrent au tumulte des armes ; et les vénérables ce restes de Vincent le martyr, transportés du saint proie montoire à Lisbonne, consolèrent la piété des pente pies.

ce Alphonse, cependant, ne laissera pas impuni l'orgueil « des infidèles ; mais, fatigué par l'âge, il remet son épée <c en de plus jeunes mains. Son fils, le généreux dom ce Sanche, passe le Tage avec une armée, poursuit les « Maures au delà de leurs domaines, et va rougir de leur ce sang le fleuve qui baigne les murs de Séviile.

ce De nouveaux trophées l'appellent dans les plaines ce de Béja, Pressée de tous côtés par une armée formi- « dable, elle allait succomber. Il y vole, il triomphe^

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« et la ville est délivrée. Mais le Maure, dans son désaa* <c tre, conserve encore l'espoir de la vengeance.

« Déjà s'assemblent les guerriers du mont Atlas. Ils (( descendent de leurs rochers, entraînant avec eux « l'habitant d'Ampéluse ^ et de Tingis où régna jadis (c Antée ^ Le Maure d'Abyla prend les armes. Aux rau- « ques accents de la trompette numide, s'est ébranlé M tout le royaume de Juba.^

(c L'empereur de Maroc, Albohacem, conduit cette « armée turbulente. Elle roule, à flots pressés, sur ses <c pas. Treize rois, ses vassaux, l'accompagnent. Il « franchit les mers, ravage, épouvante la Lusitanié, et « court assiéger dom Sanche enfermé dans Santarem ; « mais son audace lui sera funeste.

a Le Maure furieux multiplie les attaques et les ruses « guerrières. La baliste redoutable, les feux souterrains, (( l'impétueux bélier ébranlent en vain les remparts. Le « courage et l'activité du héros sont plus grands que les ce efforts de l'ennemi. Il résiste et combat sur tous les « points.

« Le vieux monarque habitait alors la cité qui voit u reverdir ses prairies sous les eaux du Mondégo*. C'est c( là que , dans un noble loisir, il oubliait les fatigues

1. Aujourd'hui le cap Spartel, entre Tanger (TtngU) et Ceats (Abyla).

3. Antée, fils de Neptune et de la Terre, afait fait vœu d*éle?er un temple avec descrftnes humains. Hercule le combattit, maif ebaqaa fois qu'il était terrassé, le géant reprenait ses forces en touchant U Terre, sa mère : alors Hercule le souleva et rétouffa dans ses bras. — Les Maures semblaient, comme Antée, reprendre de nouvelles forces chaque fois qu'ils étaient vaincus : leurs invasions dans la Péninsule se succédaient sans relAche.

3. Juba II avait reçu d'Auguste les deux Mauritanies et une partie de la Gétulie. Tout le royaume de Juba veut dire ici tous les Maures de TAfrique septentrionale.

4. Le Mondégo a sa source dans la Sierra d'E^trella et son emboachure dans l'Oeéaa à Buaroos (Bas-Beiro), La eité dont il est lei

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« de sa longue et laborieuse carrière. Mais il apprend le « danger de son fils. Sa force renaît ; tout le feu de la « jeunesse s'est rallumé dans son cœur.

« Il vole, il arrive avec ses vieux compagnons d*armes <c au secours de dom Sanche. Sous deux chefs si grands, « la victoire n*est pas longtemps indécise. Les Maures (( sont rompus et défaits. La plaine est couverte de « turbans , de manteaux , dépouille précieuse ; de « harnaiâ brisés , de chevaux abattus , de cadavres c< sanglants.

ce Les débris de la ligue africaine abandonnent prête cipitamment la Lusitanie. Albohacem ne les rejoindra «plus : la mort a prévenu sa fuite. Un cantique de « reconnaissance et de joie s'élève du camp portugais. « Dieu des armées I la victoire était ton ouvrage ; c'est .(c à toi qu'en appartenait la gloire.

a Alphonse se voyait couronné de toutes les faveurs (c de la fortune, quand ce vainqueur de tant de peuples t( fut à son tour vaincu par l'âge. La pâle mort vint toute cher de sa main glacée le corps affaibli du monarque; ic il paya le tribut qu'il devait à la. nature.

a L^s hauts promontoires le pleurèrent. Des fleuves atm tristes roulèrent des larmes dans leur cours, Qt de leurs « flots gémissants couvrirent au loin les campagnes ^

question est la Tille de Coïmbre, bAtie en amptiithêAtre, sur une colline dont le pied touetie la rive droite du Mondégo. C'était, sous la domination romaine, nne place de guerre Importante. Elle a appartenu aux Gotha, puis aux Maures, et enfin aux rois de Portugal, qui y firent longtemps leur résidence. Elle est célèbre par son université, qui de tout temps a été comblée de prérogatives t le marquis de Pombal présida lui-môme à sa réorganisation en 1772. De toutes les villes du royaume, Coïmbre est celle à laquelle se rattachent le plus grand nombre de traditions poétiques.

i .1. Au moment où mourut Alphonse !<'■', une inondation générale se produisit. Les montagnes verâërent tous 1601*8 torrents dana la plaine ; les rivières et les fleuves débordèrent. Camoens, par une pro< aopopée. hardie, fait pleurer. les montagnes et grossit de larmes le

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a La souvenir de ses vertus était dans tous les cœurs, « son Dom dans toutes les bouches ; et les échos de la Lusi- « lanierépétaient; Alphonse, Alphonse 1... Le héros n'é- 11 tait plus.

u Le jeune héritier de sa couronne s'était déjà monlrA « digae d'uD tel père. Les bords du Bétis, qu'il teignit du 11 sang des infidèles, les campagnes de Séville, où euc- R comba leur formidable armée, les murs de Béja, près II de céder à leurs efTorts, avaient vu ses premiers « exploits.

« Dom Sanche régnait depuis quelques années, lors- ;K qu'il forma le hardi projet d'enlever aux musulmans et K les remparts de Sylves' et ses plaines encore sillonnées « par le soc des Barbares. Il fut puissamment secondé « par une escadre formidable qui, des confins de laGeru manie, portait en Palestine des armes et des soldats.

«Les désastres de la cité sainte avaient consterné « l'Europe. Le Nord s'était ému, et la âotte. guerrière u allait, sur les traces de Frédéric, au secours de l'infor- <i tunë Lusîgoan, dont les soldats, vaincus par la soif, ■ s'étaient remis avec leur général entre les mains du «< grand Saladin.

« Poussés par la tempête sur les rivages de Lusitanie, « les Germains se joignent aux Portugais: c'était tou* « jours pour eus la guerre sacrée. Alphonse avait dû la

mon dM fleuvM. L* mâme figure «Tilt Eté emplajée par Virglh dam VtpUoie d'Arittée :

At cborus cqnali* DrjnitBa dimors niprcniM lupleruDl DOnlct; fianinl RkodopcûetrcM, Aluqu» Fugch et Rhni MiioctU leUiu, .AtqiM Gcta, cl Hcbru, ihiiH Aciiu OrilhlU.

iOiorg; IV. 1. »0-4eî.)

I. SjItm uI a 30 kilomiUvt in N.-O. di Faro. C'aa aujoard'lvii nae tiellle el curieuse cité, remurquable par u cathédrale dont le fondateur fui prieiaément doln Sanche et qui s'enorgueillit de compttf an nombre de lei ivêquei l'Iilalorieii Oaorio, Mmoninté au aaltUoM «tècle le CloiroD ehritleo. ' ' '' , ^^ ^

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a conquête de Lisbonne aux guerriers du Nord ; dom (c Sanche leur dut à son tour la conquête de Sylves.

(( Non content des succès qu'il obtient sur les enfants (c dlsmaël^, il porte la guerre cbez les peuples de Léon, « inquiets rivaux de la Lusitanie ; réduit sous le joug la (C superbeTuy ^, entre en vainqueur dans les cités voisines, ^( et les force à respecter sa puissance.

« Mais la mort ne respecte point les lauriers dont il <i vient de se couvrir. Son fils' lui succède, son fils dont « la mémoire nous est chère encore. C'est le second des <i Alphonses et le troisième de nos rois Son règne fut « marqué par le siège fameux d'Alcacer. Cette fière cité, H si souvent prise et reprise par les Portugais et pai* les « Maures, fut pour toujours purgée des infidèles.

<( Dom Sanche monte après lui sur le trône ': monarque « indolent, sans caractère et sans vertus. Les rênes de «c rÉtat flottent dans ses mains : c'est le règne des a favoris. Complice et victime de leurs désordres, il sou- « lève contre lui la haine et le mépris des peuples, et les « peuples indignés demandent un autre roi.

« Avait-il donc imité les fureurs de Néron ? Avait-il, « comme Thorrible fils d'Agrippine, outragé la nature, « versé le sang des citoyens, brûlé la capitale de ses a États ? Lui reprochait-on les voluptés de Sardanapale, <c ou la cruelle extravagance du plus avili des successeurs « d'Antonin*?

« Ressemblait-il aux tyrans qui jadis épouvantèrent

!• La Tiîle espagnole de Tuy était déjà renommée du temps de Pline. Eile occupe un plateau élevé, dont la base est baignée par le Minho. En Tace d*elle, et de Pautrecdté du fleuve, se trouve la ville portugaise de Valencia, construite également sur une hauteur, et tellement rapprochée que les deux places peuvent se canonner.

2. Voir, pour le règne de ces deux princes , notice historique, p. ISl et sufv.

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