‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 160 sur 240 · Illi robur, et ses triplex · texte numérisé non relu

Illi robur, et ses triplex

Circa pectus erat, qui fi'agilem truci

Commisit pelago ratem PrimuB... (Herace, Od,y I, 3, y. 9-12.)

2. Toutes ces plaintes du vieillard sur l*audace et le malheur des mortels sont une imitation manifeste de la troisième ode d'Horace.

Âudax omnia p«rpeli Gens humana ruit per Tetitum nefas.

Âudax lapeti genus Ignem fraude mala geatibus intuliU

Pos ignem œtheria domo Subductum, macies et nota febriam

424 LES LUSIADE8. CH. IV (St. 102).

« foyer, s'est répandu dans Tunivers. 11 Tembrase, il le (c consume, il tient partout allumés les flambeaux de la « discorde et de la guerre. Quel fut ton délire, ô Pro- « méthée ! et que de maux tu nous aurais épargnés, si « ton fatal larcin n'eût fait descendre au cœur de « rhomme le feu qui Tagite et le dévore I

« Phaéton n'eût pas entrepris de guider le char de (( son père ; Icare n'eût point suivi dans les airs Tauce dacieux Dédale : Tardeur que tu versas dans leur « sein prépara leur infortune. L'Eridan^ les flots ica- « riens, Tair, le feu, la terre et Tonde, tous les éléments « attesteront Taudace et le malheur des mortels.

Terris incubuit cohors, Semotiqne prius larda nécessitas

Leti corripuit gradum.

Expertus vaeuum Daedalus aéra

Pennia non homini datis ; Perrupit Acheronta Hercalens labor.

Nil mortalibas arduum est; Coelum ipsam petimas stultitia ; neque

Per nostrum patimur scelus Iracunda JoTem ponere fulmina. (Id. t. 25*40.)

C*e8t le môme mouvement, le même ordre d'idées, le môme choix

d^cxemples mythologiques. Mais, dans les Lusiades, les imprécations

du vieillard ont plus de grandeur et plus de force que celles du poète

. latin. Cette différence tient à ce que la situation est beaucoup plus

^ imposante. Horace en effet ne parle de Tintrépidité, de Taudace inouie

des hommes qu^à propos du départ d*un ami qui s*absente momentanément et qui d*ailleurs va parcourir une mer bien connue; Camoens exprime les mômes pensées au sujet d'une des entreprises les plus hardies qui aient jamais été tentées.

1. Éridan, Eridanut, nom que les anciens donnaient au Pô, en mémoire de la chute d'Éridan ou Phaéton, fils du soleil.

Quem procul apatria dÏTcrso maximus orbe Eicipit Eridauus, fumautiaque abluit ora.

(Ov., Métam., II, v. 323-324.)

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