CHANT CINQUIEME
a Les dernières paroles du vieillard se perdaient dans « les airs. Déjà les ailes de nos vaisseaux s'ouvraient au « souffla pur d'un vent favorable. Bientôt les mâts se u balancent, les voiles frémissent, le cri d'adieu retentit « de la flotte au rivage et du rivage à la flotte ; nous a partons.
ce L'astre du jour s'approchait alorsdu lion de Némée. Le « monde, chargé d'années, poursuivait languissamment « le cours de son sixième âge. Il y comptait quatorze « fois cent révolutions dusoleil, et quatre-vingt-dix-sept « autres encore, lorsque nos vaisseaux s'élancèrent sur « l'Océan ^
« Monts paternels, terre chérie, bords fortunés du a Tage, nous vous quittions, mais nos cœurs et nos « tristes pensées vous restaient. Cintra fuyait dans Téloi- <( gnement; ses riantes collines s'effaçaient peu à peu : (( nos yeux ne pouvaient s'en détacher. La terre enfin « s'évanouit entièrement: nous ne vîmes plus que le « ciel et les eaux.
« Nous voguions vers ces mers immenses qu'aucun « navigateur n'avait encore parcourues. Les lies de « Henri* en décorent l'entrée. Sur la gauche apparais-