y oiT Notice littéraire t p
2. Les lies qui avaient été découvertes les premières par les narigateurs enroyés par Tin Tant Henri, c^esl-à-dire Madère, les Iles da cap Vert et les Açores. Voir notice historique, p. 190.
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« sent les montagnes et les cités de la Mauritanie, « ancien royaume d'Antée. Sur la droite, les flots vont « se perdre dans Thorizon et baigner, peut-être ^ un « autre univers.
<c Madère est devant nous : Madère^, Torgueil de « rOcéan qui l'embrasse et des Portugais qui Font peu- « plée. Elle doit son nom à ses forêts. Placée aux limites « de Tancien monde, elle n'a point la célébrité de « Paphos ni de Cythère', mais elle les égale en beauté ; (c et si le Destin Teût soumise à l'empire de Vénus, « Vénus l'eût préférée aux bosquets de Cythère et de « Paphos.
« Nous côtoyons rapidement la Massylie, où paissent ce les troupeaux des Azenègues ^ : désert brûlant qui ne
1. Le conUneot américain était décourert à l^époque où GamoeDs écriTait; mais Gama, en t497, ne pouvait qu'en soupçonner inexistence. Christophe Coiomb, dans ses deux premiers voyages, exécutés en 1492 et 1493, avait déjà trouvé les lies Lucayes, Cuba, Saint- Domingue et la Jamaïque; mais ce n*est qu'à son troisième voyage, en 1498, qu*il aperçut le continent (M.).
2. Madère est une lie de forme triangulaire, située à environ 150 lieues marines, au S.-O. du littoral portugais, et à 120 lieues 0. du continent africain. Elle a une étendue de 57 kilomètres sur 23* C'est un volcan éteint, dont les côtes offrent partout de hautes falaises et de formidables escarpements de laves. Le point culminant, le Ploo-Ruyio, atteint près de 1 ,900 mètres au-dessus du niveau de la mer. Lorsque les Portugais y arrivèrent, il parait que IMle entière était une immense forôt (V. not, hist,, p. 190), et ce fut pour eela qu'ils rappelèrent Madère, le mot madeira signifiant boit, pay» bohé.
Remarquons en passant que certains étymologistes font venir à tort da mot Madère notre mot fk>ançais madrier (grosse pièce de bots). Madrier t comme le nom portugais madeira^ vient du latin materia qui signifie 6ott. (V. le Dictionnaire de M. Littré).
3. Cythère, aujourd'hui Cérigo, était une petite fie de la mer de Crète, consacrée au cul le de Vénus qui en avait tiré son surnom de Cythérée. — Paphos était le nom de deux villes (PaléPaphos et Nea- Paphos), situées au S.-O. de l'Ile de Cypre. Elles étaient également consacrées à Vénus, et séparées l'une de l'autre par un intervalle de 60 stades, qui était la région sainte de l'ile et était couvert de jardins sacrés et d*autels servant de stations aux processions solennelles.
4. Milité pense que Camoens a voulu désigner sous ce nom d'Aze*
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a s^abreuva jamais d'une onde fraîche; terre désolée où « l'oiseau digère le fer ', où Ton ne connut jamais ni les n dons de Gérés, ni les trésors de Pomone. Elle touche « d'un côté à la Barbarie, et, de l'autre, au pays des « Noirs.
« Déjà nous avions franchi la borne septentrionale a que la nature a prescrite à la course du soleil. Là (c végètent les peuples demi-sauvages qui boivent les « eaux du noir Sénégal'; ils portent sur leur figure la ce trace ineffaçable du passage de Phaéton. Là s'élève « ce promontoire que nos marins ont appelé le cap « Vert*. On le nommait jadis le promontoire d'Arec sine*.
fi^^icet les peuples qui fréquentent les bords du Sénégal, connus des anciens sous le nom d'Azana, Mais alors il y aurait une erreur géographique, le Sénégal ne coulant pas dans la Massylie. Camoens, d'ailleurs, ne parle de ce fleuve que clans la slance suivante.
1 . La Toracilé des autruches a fait croire à des voyageurs et même à des naturalistes qu*elles digéraient du fer. BuflTon en parle asses loDr gaement dans son diseoun stcr les animaux.
2. Le Sénégal n*est pas plus noir que tout autre fleuve, mais lé poëte lui attribue la couleur des habitants du pays. C'est en employant la môme figure de rhétorique que Virgile a dit, parhypallage,
Ibant obscuri soU sub nocte silentet pour Ibant obscura loli sub nocte sileutet.
Il est à remarquer que le Sénégal porte aujourd'hui, à l'endroit où il natt, dans le Fouta-Djalo (Nigritie), chex les Mandingues, le nom de Bafing qui signifie précisément fleuve noir,
3. A Textrémité occidentale de TAfrique, sur la côte de la Sénégambie, par 14<>43'lat. N., et id^bV long. 0. Voir notice historique^ p. 199.
4. Quelques géographes ont pris le cap Vert pour VArsinarium pro^ montoriwm de Ptolémée ; d'autres^ avec plus de vraisemblance, pour son Hesperium cornu. Il a existé, il est vrai, sur Iks côtes d'Afrique» une colonie romaine appelée Arsinaria^ d'où, selon ces géographes, le promontoire aurait tir^ son nom ; mais cette colonie avait été fondée sur un des rivages de la Méditerranée, et non point sur les bords de la mer Atlantique. On la place communément au royaume d'Alger, 4ans la province de TIemcen, dont les habitants étaient connus des Romains sous le nom de Temici. Voltaire, dans sa tragédie de Zulime,
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(( Les îles Fortunées' avaient fui derrière nous. Les « filles d'Hesper' découvraient à nos yeux leurs îles n verdoyantes', terres fécondes en merveilles et déjà « visitées par les enfants de Lusus. Leurs rivages nous (( fournirent une onde salutaire et les fruits délicieux <( dont ils abondent.
« C'est Tantique jardin des Hespérideà. Il fleurit sous « le nom du guerrier céleste^ que l'Espagnol , armé « contre les Maures, n'invoqua jamais en vain dans les « combats. Au premier souffle de Borée, nos voiles se « déployèrent, et Tonde écumante se rouvrit sous nos « vaisseaux.
« La rive que nous suivions est foulée par les nom- <c breuses tribus desJalofs et des Mandingues^ qui lice vrent à nos mains industrieuses Tor dont cette terre
iraoBrorme cette province de Tlemcen en royaume de Trémitène, et lai donne pour capitale une ville qu*il appelle Àrsénif. Ces noms grecs dont le poète avait décoré rAfk-ique, dépaysèrent les spectateurs, et la pièce tomba, a Presque personne au parterre, dit Tauteur dans une « de ses lettres, ne connaissait la ville d'Arsénié, qui était le lieu de c la scène. Trémisène est un nom bien sonore : c'est un Joli petit « royaume ; mais on n'en avait aucune idée. La pièce, ajoute-t-ll avec « sa galté ordinaire, ne donna nulle envie de s'informer du gisement • de ses côles. » (M.)
1 . Ce sont aujourd'hui les Canaries qui se composent de sept grandes lies et de quelques flots. Les sept lies sont :^ Fortaventure, Gomera, Grande-Canarie, Fer, Lancerote, Palma et Ténériffe. Elles se trouvent entre 27<»39' et 29^6' de lat. N. et tS^éO' et 20o40' de long. 0.
3. On n*est pas d'accord sur le séjour des Hespérides : on a placé leur jardin dans la Mauritanie, près de l'Atlas, dans les fies Fortunées et dans les tles du cap Vert. C'est cette dernière opinion que suit iei Camoens.
3. Les lies du cap Vert sont entre 24«30' — 27<'20' long. 0. et 1 4038'— 17045' lat. N. Elles sont à 500 kilomètres du cap Vert et se composent de dix îles : Santiago, Fogo, Brava, Saint-Nicolas, Saint- Antoine, Boavista, Mayo, Saint-Vincent, Sel, Sainte*Lucie.
4. Le poëte désigne tout particulièrement Tlle de Santiago. T)n sait que saint Jacques est le patron des Espagnols.
5. Peuples nombreux et industrieux, qui travaillent le fer et font le eommeroe de l'or et de l'ivoire.
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(1 est parsemée. La Gambie * y déroule ses flots et court, ;< en serpentant, se perdre au sein de l'Atlantique.
« Nous passâmes les Dorcades, ancien séjour des trois « sœurs* qui, privées de la vue, n'avaient à elles trois « qu'un œil unique dont elles se servaient tour à tour. « 0 toi, Méduse, dont la chevelure ondoyante enflam- « mait Neptune au fond des eaux et jusqu'au pied des « autels de Minerve, toi que la déesse indignée punit si « cruellement de l'audace du souverain des mers, ô Mé- « duse I ce sont tes serpents qui peuplent encore ces « déserts*.
« La proue tournée vers le midi, nous allions sillon- « nant ce golfe immense*, observant tour à tour les « sommets rugissants de Sierra-Léone',le cap des palet miers, l'ile* qui porte le nom de cet apôtre dont la
1. FleuTo de NigritiOy qui prend sa source dans le plateau du Fouta-Toro et se Jette dans l'océan Atlantique après un cours de 1700 kilomètres.
2. Les Gorgones, d'après la Fable, étaient filles de Phorcys; elles étaient trois : Méduse, Sthéno et Euryale. Homère n*en cite qu*une qu'il nomme Gorgo.
3. Méduse avait d*abord été remarquable par la beauté de ses traits et de sa chevelure; mais, ayant séduit Neptune et insulté Minervoi cette déesse changea ses beaux cheveux en affreux serpents.
CUrissima forma,
Multoromque fuit spcs iuvidiosa procorum Ilta; nec in tota conspectior olla eapillis Pars fuit: ioTeni, qui se TÎdisse referrcnt. . liane Pelagi reclor tAmplo Titiassc Minerve Didtor : Aversa est, et castos sgide vultus Nata Jo'vis texit : neve hoc iropnne fuisset, Gorgoneum turpes crinem mutarit in hydros. (Ot. , Métam. IV, v. 793-800).