Genus antiquum Terrse, Titania pubes
(Virg., Enéide, YI, v. 580.)
2. Affectasse ferunt rcgnum cœleste Gigantas : Altaque congestos struxissc ad sidéra montes.
(Ov., Métam., 1, v. 152-153.) Hic et Aloidas geminos, immania, vidi, Corpora, qlii manibus magnum rescindere cœlum, Aggressi, superisque Jovem dctrudere regnis.
(Virg., Éuéide, YI, v. 582-584.)
Tum partu Terra nefando
Cœumque lapetumque créât, sœvumque Typhœa,
Et conjuratos cœluin rescindere Tralres.
Ter sunt conati imponere Pelio Ossam
Scilicet, atque Ossœ frondosum involvere Olympum :
Ter Pater exslructos disjecit fulmine montes.
(Virg., Giorg., 1. v. 278-283.)
3. Théiis, qu'il ne faut pas confondre avec Téthysy la première des divinités de la mer, était iille de Nérée. Sa beauté extraordinaire la faisait rechercher par Neptune, Apollon et Jupiter, mais un oracle ayant prédit que le fils qu'elle aurait, serait plus grand que son père, tous les dieux se retirèrent. Elle accepta pour époux Pelée, roi de Phthiotide, et devint mère d'Achille.
442 LES LUSIAOBS. CH. V (St. 54-56).
« toiyours enivré de ses charmes, je déclarai laguerre « à Nérée, et, pour conquérir sa fille, j'entrepris la con- « quôte des flots. Doris, une Néréide, trembla pour sa a jeune souveraine, et dépositaire de mes vœux, lui c( porta des paroles de paix et d*amour. Un pudique « sourire effleura les lèvres de Thétis. Quelle serait a donc, répondit-elle, quelle serait la nymphe assez « hardie pour recevoir les vœux d'un géant?
« Mais cependant, Doris, il parcourt, il bouleverse « nos ondes; mon père lui-même, Nérée, est menacé... « Va, laisse à ma prudence le soin de calmer Adamas- « tor, et de sauver l'empire des eaux. Telle fut la ré- « ponse que me transmit la Néréide. Hélas I je ne sus « point en pénétrer l'artifice, tant sont aveugles les « cœurs passionnés ! le mien palpita de désir et d'espèce rance.
<c Plus de guerre, plus de courroux : Doris m'avait « désarmé. Une nuit... cette nuit cruelle devait couron- « ner mon ardeur! je vis, à travers les ombres, s'avance cer l'aimable Thétis. Elle était seule et sans voile. Les <( bras tendus, le cœur en délire, je m'élance vers cette « beauté céleste; je couvre de baisers ses yeux, son « front, sa chevelure.
« 0 honte! ô désespoir! je n'avais saisi qu'une mon- « tagne affreuse*, hérissée d'une épaisse forêt. Un som- « met sourcilleux recevait les brûlantes caresses destî- « nées à une tète divine. Tous mes sens furent glacés « d'horreur. Je restai muet, immobile, comme un ro- « cher qui presse un autre rocher.
I. Imitalion de la fable d'Ixion, roi des Lapithes. Celui-ci, ayant reçu rhospitalité de Jupiler, osa aimer et tenter de séduire Junon : mais il n^embrassa qu^une nue à laquelle Jupiter avait donné la forme de la déesse, pour se convaincre des projets criminels de son hôte, qui fut précipité dans les enfers et attaché sur une roue qui tournait ■ans cesse.
LES LUSIADBS. CH. V (St. 57-61). 44d^
c 0 Thétis! ô la plus belle des nymphes de rOcéan! « si tu repoussais mes transports, que ne me laissais- tu « rillusion qui m'avait séduit, ce rêve de bonheur où (( s'égarait mon amour? Je pars désespéré, j'abandonne « les lieux témoins de ma disgrâce; je vais chercher des « climats inconnus où personne ne puisse rire de mes « larmes.
« Mes frères étaient déjà vaincus. Leurs cent bras les <c avaient mal servis contre le ciel ; les dieux en avaient (c enseveli plusieurs sous de hautes montagnes^; et moice même, errant sur la terre et pleurant mes ennuis, je « ne tardai pas à subir le châtiment de mes témérités..
« De ma chair desséchée, de mes os convertis en ro- « chers, les dieux, les inflexibles dieux, ont formé le « vaste promontoire qui domine ces vastes ondes. Et « pour accroître mes tourments, pour insulter à ma « douleur, Thétis vient chaque jour me presser de son « humide ceinture.
« A ces mots, il laissa tomber un torrent de larmes et a disparut. Avec lui s'évanouit la nuée ténébreuse, et la « mer sembla pousser un long gémissement. Je levai « les mains vers le ciel, j'invoquai les célestes génies, <c guides fidèles des voyageurs; je les priai d'éloigner de « nous les malheurs dont le cruel Adamastor avait me- « nacé notre avenir.
« Cependant Phlégon et Pyroeïs,Éous et l'impétueux « Éthon', ramenaient le char du soleil, et, de leurs « pieds enflammés, déchiraient le rideau qui couvrait à
1 . Tum pater omnipotens misso perfregit Olympam Fulmine, et excuMit subjecto Pelion Ossib.
(Ot., Métam., I, v. 154-1 5S.)
2. NooB retrouTons dans Ovide les noms des quatre coursiers du
Soleil.
Intcrea yolucres Pyroeis, Eous et iEthon,
Solis equi, qaartosque Phlegon, hinnitibus auras
Flammiferis implent, pedibusque repaguia pultaiit.
{Métam,, II, t. 153-155.)
444 LES LtJSIADES. CH. V (St. 62-65).
(f nos yeux le promontoire du Géant. Nous en parcou- « rûmes les redoutables contours; et la mer orientale « vit flotter enfin nos pavillons.
« De nouveaux rivages nous promettaient de nou- « velles découvertes, et pour la seconde fois la terre* « reçut nos guerriers. Des peuples pasteurs habitaient « cette contrée. Aussi noirs, mais d'un aspect plus hu-^ « main que les habitants des bords où Velloso s'était vu « dans un si grand péril, ils venaient à nous en dansant « et poussant des cris d'allégresse. Leurs troupeaux les « suivaient, errant à l'aventure et paissant l'herbe « fleurie.
• « Leurs noires compagnes arrivaient sur des bœufs « au pas tranquille et lent. Elles chantaient. Les sons « du chalumeau champêtre se mêlaient à leurs voix. « Telle autrefois la flûte de Tityre accompagnait les « chansons des bergers de l'Ausonie.
« Leur accueil ne démentit point la douceur qui res- « pirait sur leur front. Leur hospitalité fut simple « comme leurs mœurs. Des poules, des moutons furent « amenés sur le rivage. Nous reçûmes leurs présents ; « ils remportèrent les nôtres; mais il nous fut impos- « sible de tirer d'eux aucune lumière sur les climats « que nous cherchions. Il fallut lever l'ancre et rendre « aux vents nos voiles fatiguées.
« Nous suivions les longs détours de la côte éthio- « pienne, présentant la poupe au pôle antarctique et la « proue à l'équateur. L'île de Diaz ^ disparaissait der- « lière nous. Là s'était terminée la course de ce hardi « attigateur qui cherchait le cap des Tourmentes et ne « Taperçut qu'à son retour.
!• Ils donnèrent le nom de Sainlc-Blaisu à celle côte. Voir notice liifllorique, p. 228.
2. Diaz avait donné à celle Ile le nom de Sainte Croix. Voirnotice historique, p. 216.
LES LÛSIADES. CH. Y (St. 6G-71}. 4i5
« De là, pendant quelques jours, nous continuâmes à « sillonner ces mers lointaines, tantôt poussés par des « tempêtes, tantôt retenus par des calmes, mais tou- « jours plus forts que les obstacles, toujours encouragés « par la grandeur même du péril. D'un front serein > u nous bravions tous les caprices du mobile élément, « lorsque des courants impétueux s'agitèrent devant « nous, et de leurs gouffres profonds épouvantèrent nos « vaisseaux.
« La mer en fureur soulevait toutes ses vagues et « nous repoussait en dépit des vents qui soufflaient du « septentrion. Notus*, indigné de la longue résistance « des flots, redoubla de colère et d'efl'orts, et les ondes « vaincues nous ouvrirent un libre passage.
« Le soleil ramenait l'heureux jour où trois rois de « l'Orient vinrent adorer dans un enfant nouveau-né le « triple roi de l'univers. La douce haleine du zéphyr « nous rapprocha de la terre des Noirs. Un fleuve y « reçut nos vaisseaux : il gardera le nom de l'antique « solennité que nous célébrâmes sur ses bords.
« Le fleuve des liois nous fournit ses liquides trésors. « La terre nous prodigua ses fruits ; mais le peuple qui « l'habite était pour nous comme un peuple muet. Ainsi « nous mesurions péniblement ce long rivage, deman- « dant partout des nouvelles de l'Orient et n'en recevant « jamais.
« Daigne un instant, grand roi, daigne arrêter tes re- « gards sur ces infortunés voyageurs, errant sans guide « sur des mers inconnues, en proie aux horreurs de la « faim, à la fureur des flots, dévorés par des climat^ili? « salubres, et cherchant à travers les tempêtes un&^||rre « lointaine qui semblait fuir devant eux.
« Nos provisions altérées n'étaient plus pour nous