Le Tent da sud
446 LB8 LUSIADES. CH. V (St. 72-76).
« qa'un aliment funeste. Aucun plaisir, aucune illusion « qui soutint notre espérance. Quels autres hommes que « des Portugais se fussent montrés si patients dans les « fatigues, si fidèles à leur prince, si dociles à la voix « de leur chef?
« 0 mes généreux compagnons ! c'est Tamour de la <c gloire qui vous inspirait tant de courage. Sans ce « noble motif, auriez-vous consenti à partager les souf- « frances de ma longue et pénible course ? La colère et « le désespoir n'auraient- ils pas vingt fois brisé les « nœuds qui vous attachaient à Gama ? Vous avez en- « duré, sans murmure, la faim, la fatigue, des tourments (( inouïs I Où ne me suivrez-vous pas, après avoir résisté « à tant d'épreuves ?
« Nous quittons enfin le fleuve hospitalier. Notus enfle « nos voiles. D'un souffle vif et pur, il nous emporte au <c loin sur les ondes, et nous dérobe aux courants du « golfe agité d'où l'opulente Sofala envoie son or aux « nations.
« Des flots plus tranquilles, un reste d'espoir et la fart veur du ciel invoquée par les nautoniers, nous rame- « nèrent au rivage. Toujours partagés entre la crainte et « l'espérance, fatigués d'une si longue attente, à peine « osions-nous former quelques vœux, lorsqu'un spectacle « nouveau vint relever nos cœurs abattus.
« Des campagnes riantes, de belles vallées, un grand « fleuve se découvrirent à nos yeux ^. Des bateaux suret montés de voiles légères se croisaient paisiblement à « l'entrée du port* La rencontre imprévue d'un peuple « navigateur ranima toutes nos espérances ; et cette fois « du moins elles ne furent pas trompées.
« Les habitants de ces rives appartenaient encore à « la grande famille des Noirs; mais il nous sembla qu'ilg