Voir noUce hiiloriqae, p« 229é
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« communiquaient avec des nations policées. Un léger <( tissu de coton se repliait autour de leur tète ; une « étoffe azurée leur servait de ceinture ; à leur langage « se mêlaient quelques mots arabes.
a Martinez les interrogea, Martinez que TArabie « avouerait pour un de ses enfants. Ils lui dirent que « des vaisseaux aussi grands que les nôtres fréquentaient 0 cette mer lointaine ; que des bords où naît le soleil, <c ils venaient chaque année chercher le rivage du sud, « et remontaient ensuite vers une contrée de Torient où « les hommes étaient, comme nous, de la couleur du « jour.
u Le fleuve où reposaient nos vaisseaux, devint pour « nous le fleuve des Bons Signes, Nous élevâmes sur ses « bords un des monuments sacrés destinés à marquer <c nos découvertes, et nous donnâmes à la contrée le nom c( du Génie céleste qui guida les pas du jeune Tobie « vers la demeure de Gabélus.
« D'autres soins occupèrent encore nos loisirs. Les « mousses fangeuses, les impurs coquillages qui, dans « une longue navigation, s'attachent aux flancs des na- <( vires, disparurent sous la main des matelots. Les bons « habitants du rivage venaient chaque jour, d'un air « joyeux, déposer à nos pieds d'abondantes provisions.
« Mais ce bonheur, si nouveau pour nous, ne fut pas « sans mélange. L'impitoyable Némésis vint le troubler « par une calamité nouvelle. Ainsi les jours orageux « succèdent aux jours sereins. Nous naissons sous l'em- « pire de cette loi rigoureuse : le mai pèsera longtemps « sur la terre ; le bien n'y sera que passager.
« Une affreuse maladie* me ravit plusieurs de mes « infortunés compagnons. Leurs ossements ont blanchi « sur une terre étrangère. Gomment décrire cet horible
] • Le icorbaU
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« fléau ? Les gencives du malade se gonflaient tout à « coup, et, dans sa bouche difTorme, les chairs crois- « saicnt et se corrompaient à la fois : Tair en était « infecté.
« Moins heureux que les Grecs blessés sous les murs « de Troie, nous n'avions avec nous ni Machaons ni « Podalires \ L'acier rigoureux supplée à tous les secours « de l'art. Dirigé par des mains inhabiles, mais coura- « geuses, il cherche, il atteint les chairs altérées, et « par de salutaires blessures, arrache des victimes à la <f. mort.
« Hélas ! il ne put les sauver toutes. Des guerriers qui ^< si longtemps avaient partagé nos périls et nos travaux, « succombèrent sur cette plage ignorée*. Ils y dorment « d'un éternel sommeil. Oh I que l'homme aisément « trouve ici bas sa dernière demeure ! Un peu de sable*
t. Machaon cl Podalirc^ ûls d'Esculape el élèves du centaure Chiron^ ûgurèrenl à la guerre de Troie comme guerriers el médecins el furent placés au rang des dieux après leur mort. A la fin du Xh chant de ïlliade^ Eurypyle blessé prie Palrocle de lui venir en aide, parce que les deux grands médecins des Grecs ne peuvent le secourir en ce moment : <( Car, dil-il, de nos deux médecins, Podalire et Machaon , le dernier gît blessé dans sa tente, ayant lui-môme besoin d*un excellent médecin ; Taulre soutient encore dans la plaine le choc violent des Troyens. »
IriTpct p.iv «yocp, Oc^aXiîpiG; tq^î Ma^âcùv, Tôv [XIV ivi xXioiT.aiv itcptat , CXxcç ^x^vra, X^xiCovra Kat aùrcv à(jt.6fxcvc; ir.TTÎpc;, KiIo6ai* 6 ^'îv Ttt^'uù Tpcô(i)v (XEvii o^ùv Apr<a.
2. y oir notice liiiéraire y p. tOS.Ces plaintes rappellent celles d'Énée pleurant son pilote Palinure : "^
Huitagemeos, casuque animum concassus amici : « 0 nimium cœlo et p«lago confise sereno, Nudus iu ignota, Palinure, jaccbis arcna ! >
(Virg., Enéide, V, ▼. 869-871.)
3. Horace s'adresse en ces termes à Arcliytas : <( El toi, qui pouvais mesurer la terre, compter les sables de la mer, Arch^tas, un peu de poussière accordé à les restes, près du rivage de Mâtine, suffit maintenant pour les contenir! »
Te maris et terrœ numeroque carentis arenae ■■
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H remué sur le rivage, quelques vagues fugitives, reçoî- « vent indistinctement la dépouille mortelle d'un héros « et les restes d'un obscur soldat.
(( Nous quittâmes ce port, moins inquiets S mais plus « tristes. Nous cherchions, en naviguant le long des « côtes, à découvrir quelque indice nouveau qui affermît « encore notre espoir. Mozambique et Mombaze nous « offrirent d'abord un asile. Quel asile, grand Dieu I Le « bruit de leur perfidie est parvenu jusqu'à toi.
« Enfin la pitié du ciel nous a conduits vers ce rivage *, « et l'espérance est rentrée dans nos cœurs *, et la vie « nous sourit encore, et tous nos maux sont oubliés. Tu « connais maintenant les guerriers que tu sauvais sans « les connaître. Docile à tes ordres, je t'ai fidèlement « raconté leurs aventures et leurs malheurs.
« Tu peux juger s'il exista jamais des voyageurs tels « que nous. Les courses périlleuses d'Ulysse et d'Énée « peuvent-elles se comparer à la nôtre? Ces grands na- « vigateurs, si vantés par les enfants d'Apollon, n'ont
Hensorem cohibent, Arcbyta, Pulfcris ezigui prope littus parva Matinum llunera (Orf. I, 23, ▼. 1 — 4.)
t . On peut rapprocher de ces vers les paroles qu^Homèrc met dans la bouche d'Ulysse, lorsqu^il se rembarque après avoir perdu un certain nombre de ses compagnons tues par les Ciconiens : « Nous re> prîmes la mer, dit-il, contents d'Miapper à la mort, mais le cœur affligé d*avoir perdu de chers compagnons. )>
àauLtvci tx èavxTOto , cpî>.cu; ôXiaavri; iratpcu;.
(Odyssée, IX, t. 62-63.)
2. Énëe, parlant à Didon, termine de la même façon le récit de «es infortunes et de ses voyages :
Iliae me digreuiim irestris deus appulit oris. (Virg.. ^ii^ûltf, III, T. 715.)