Hic primum iEneas sperare salutem
Ausus et amiclis melius confldere rébus.
(Virg., Enéide, \, y, 4SI.)
450 LBS LUSIADES. CH. V (St. 87-90).
« pas VU la huitième partie des mers immenses qu'ont « parcourues nos vaisseaux.
« Que le chantre divin dont Smyrne, Rhodes, Golo- « phon, Athènes, Gliio, Argoset Salaminese disputèrent « le berceau'; que son rival, Thonneur de l'Ausonie. « ce cygne mélodieux dont les accents charment le « Mincio qui Ta vu naître et le Tibre orgueilleux de « Tentendre ;
« Que ces deux favoris des muses embellissent d'ina génieuses fictions Thistoire de leurs demi-dieux; « qu'ils inventent des Gircés, des Polyphèmes, des Sî- « rênes enchanteresses ; qu'ils conduisent chez les Gico- « niens la nef légère du roi dlthaque ; qu'ils enivrent « des friiits du Lotos ses imprudents compagnons; <( qu'ils précipitent dans les flots llnfortuné Palinure ;
« Qu'ils irritent les vents affranchis des outres d'Éole; « qu'ils créent des Galypsos amoureuses, des Harpies « infectant les repas ; qu'ils fassent descendre les héros « vivants au séjour des ombres ; qu'ils épuisent les tré- « sors de leur brillante imagination : ils n'inventeront « rien qui surpasse la vérité de mes récits. »
Gama ne parlait plus et les Mélindiens l'écou talent encore. Enfin un doux murmure s'élève au milieu d'eux et devient un long concert de louanges. Le roi de Mélinde admirait la grandeur des rois du Tage, leur génie, leurs vertus guerrières; la fidélité, le courage, le dévoûment de leurs sujets ^ Les Mélindiens, l'œil fixé sur ces hommes extraordinaires, se redisaient l'un à l'autre le trait qui les avait le plus frappés.