Voir noUcc historique, p
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« mise. Tous sont égaux en adresse, en courage, tous <( sont animés d'une égale ardeur ; mais Tun d'eux, « J 'intrépide Magrice, leur adresse ce discours :
« Le ciel comble mes vœux. J'étais las de ne voir « d'autres flots que ceux du Tage et du Douro, d'au- « tre terre que celle qui m'a vu naître. Je veux obser- « ver les nations, leurs coutumes et leurs lois. Partez « donc, fendez les mers ; le monde et son tableau varié « m'appellent par une autre route.
« Si le maître de nos destinées dispose de la mienne « avant le temps, vous saurez vaincre sans moi. Mais si « mon cœur dit vrai, les fleuves, les montagnes, les ca- « priées de la fortune ne m'opposeront que d'impuis- « santés barrières : je vous rejoindrai aux rivages w d'Albion.
« Il dit, obtient l'aveu de ses amis, les embrasse et « s'éloigne. Il traverse les royaumes de Léon et de Casce tille, ancien théâtre de nos exploits; il franchit la « Navarre et les Pyrénées, admire la France et ses mer- « veilles, et s'arrête quelque temps aux campagnes bel- « giques, dans cette ville célèbre où le commerce et « l'industrie versent à l'envi leurs trésors '.
« Cependant ses compagnons d'armes sillonnaient les « flots de l'océan du Nord. Bientôt ils foulent le rivage « de l'Angleterre. Londres les reçoit dans ses murs; « Lancastre les accueille avec magnificence, et la beauté « les encourage et les flatte.
« Le jour du combat est fixé. Le roi lui-même a tout
1 . De Souza porte dans son édition : Nos (jrundK imperio de Fran" des, Thomas-Joflepli de Aquino dit vmporio au lieu ûHmperio; et c*est la leçon que nous avons suivie. La ville de Bruges qui se trouve p.irfaitement désignée par Texpression grande ewporio, grahde plaça de commerce f était devenue sous Philippe le Bon, duc de Bourgogne et comte de Flandre, une des villes les plus florissantes du Nord. On conçoit que le spectacle de la cour de Philippe et de la prospérité des Pays-Bas ait apporté quelque retard au voyage de Mugrice. (M.)
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« disposé pour la sûreté du camp. Le casque en tète et « couverts de leurs brillantes armures, les guerriers pa- « raissent. A leur aspect, les dames se promettent tout « bas la victoire. Elles ont repris les robes de soie bro- « dées d'or, les bijoux précieux, les joyaux étincelants.
« Une seule a négligé sa parure. Sous un voile noir, « elle cache sa tristesse. Celui que le sort lui donna « pour défenseur, Magrice, n'a pas encore paru. Ras- « surez-vous, lui disaient les héros du Tage. Dût-il nous (( manquer deux ou trois compagnons, la cause de « rhonneur et de la beauté n'en serait pas moins vic- « torieuse.
- « Sur un pompeux amphithéâtre, s'étaient placés le « monarque et sa cour. Distribués sur trois lignes « égales et rangés par le sort , les deux partis sont en « présence. La fierté respire sur le front des combat- « tants : jamais , du Tage à TOxus , l'astre du jour n'é- « claira tant de courage et d'intrépidité.
« Les coursiers impatients blanchissent d'écume leurs « freins dorés. L'acier belliqueux étincelle de mille feux, (c semblable au cristal, au diamant que frapperaient les « rayons du soleil. Onze contre douze , les chevaliers « allaient combattre, lorsqu'un bruit confus s'élève « parmi les spectateurs.
a Tous les regards se dirigent vers la barrière d'où « partait le mouvement. Un cavalier se présente; il est « armé, prêt à combattre. C'est lui, c'est l'intrépide « Magrice! D'un air fier et poli, il s'incline devant le « monarque, salue les dames, et court, ami fidèle, se « ranger parmi les Portugais.
« A l'arrivée du héros, la dame voilée a disparu. Ellle <c revêt l'or et la pourpre, reparaît triomphante, et la « foule enchantée applaudit à sa métamorphose. Le si- « gnal se donne. Au son de la trompette, les chevaliers « piquent de l'éperon leurs coursiers bondissants, et, la