Inque fretum credas lotum descendere cœlum
(Ov., Métam., XI, v. 517.)
LES LUSIADES. CU. VI (St. 86-90). 477
chasse devant elle Orion et les orages ^ La déesse qui la conduit dans les cieux, Vénus, voit les mers bouleversées et les Lusitaniens en péril. Elle frémit de crainte et de courroux.
« 0 Bacchus ! ô génie du mal ! je reconnais là tes « complots et tes fureurs*; mais la faible Vénus sera « plus forte que toi. » Elle dit, et, d'un voi rapide, descend vers la plaine azurée, appelle les nymphes ses compagnes, et leur ordonne de se couronner de guirlandes de roses.
I.es nymphes obéissantes mêlent des fleurs à leurs blondes chevelures. On dirait que la rose vermeille vient de naître sur des réseaux d'or qu'Amour a filés de sa main. Ainsi parées, elles s'avancent, à la voix de Vénus, comme un essaim d'étoiles radieuses.
La colère des enfants d'Éole expire en les voyant. D'un œil surpris, ils contemplent ces fronts rayonnants, ces blonds cheveux dont l'éclat obscurcirait l'éclat du jour. Ils n'ont plus la force de combattre: un charme subit les captive et les enchaîne.
Borée, l'impétueux Borée, ne voit plus , n'entend plus qu'Orithye. « Eh! comment veux-tu, lui disait-elle, que « je me fie à tes discours? On est si doux quand on « aime ! Ah ! mets un frein à la fureur qui t'égare, quitte « cet air farouche, ou bientôt mon amour se changerait « en frayeur. »
Galathée disait à Notus : « Tyran des airs, cesse d'agiter