‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 188 sur 240 · Sanguineam Irepido plangebant pcclore malrem · texte numérisé non relu

Sanguineam Irepido plangebant pcclore malrem

(Ov., Méiam.y 111, v, 1*26.)

5. Cadmus, flls d'Agénor, roi de Phénicie, tua, en Béoiie, un dragon, tils de Mars et de Vénus, qui avait dévoré deux de ses con-

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Ils marchent toujours unis, toujours dociles à la loi de Mahomet qui les pousse incessamment contre les disciples du Christ. Et la discorde règne encore parmi vous ! Peuples sans prévoyance, monarques sans vertu, frémissez du danger qui vous presse : vous avez à vous défendre à la fois des musulmans et de vos propres fureurs.

Si Tambition, si la cupidité vous tourmentent, ne savezvous pas que THermus et le Pactole ^ roulent de Tor dans leurs flots ? l'Afrique le recèle en ses veines. La Lydie, la Syrie le mêlent à leurs précieux tissus. Que Tamour de Tor vous entraîne, puisque le tombeau d'un Dieu ifç dit rien à vos cœurs.

Ces foudres d'airain qu'inventa le démon de la guerre*, tournez-les contre les remparts de Byzance. Rejetez dans les antres des monts Caspiens, dans les froides cavernes delà Scythie, le vainqueur farouche qui, des rives du Bosphore, menace la civilisation et les arts de l'Europe.

N'entendez-vous point les Grecs qui vous appellent'?

pagnons Ovide a raconté, au lll*' livre des Métamorphoses ^ comment Cadmus, obéissant aux ordres de Pal las, sema les dents de ce draj^on, et comment il en sortit des hommes tout arméi^, qui aussitôt s'enlretuèrent.

Exemploque pari furit omuis turba, suoquA Marie caduiit subili per mutaa vulnera frttres.

(V. Iî2-lf3.)

1 . Le Pactole, qu'on appelait aussi Chrjrsorrhoas à cause des paillettes d*or qu'il roulait depuis que, suivant la Fable, Midas s'y était baigné, était une rivière de Lydie, qui, descendue du mont TmoluA, passait à Sardes et se jetait dans THermus. — LHermus, après avoir arrosé la Phrygie et la Lydie, aflluait à lu mer Egée, dans le golfe de Smyme. — Le Pactole s'appelle aujourd'hui Sari ou BaQoulei ; l'Hermus se nomme Sarabat ou Kédon.\.

7. Pétrarque se plaint en ces termes de l'invention de l'arlilleric : • Non erat satis de cœlo tonantis ira Dei immortulis, nisi liomuncio (ô credulitas |uncta superbiœ !) de terra etiam tonuisset ! n

3. Les Grets attendirent deux siècles encore le secours de l'Europe : l'existence de leur pays, comme monarchie indépendante, ne devait être proclamée que le 3 février 1830.

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Les peuples de la Thrace, delà Golchide et de rArménie vous annoncent à grands cris qu'un ravisseur sacrilège infecte leurs enfants des poisons de Mahomet'. Vengei rhumanité qu'on outrage; allez punir des Barbares, et renoncez à la gloire odieuse de subjuguer vos frères ••

Mais tandis qu'un délire sanglant vous égare, la faible Lusitanie dévoue ses pieux guerriers à la cause du ciel. Déjà ils occupent les ports de la rive africaine. L*Asie les reconnaît pour ses maîtres. Le nouveau monde les voit qui sillonnent ses plaines. Que la terre s'agrandisse encore ; ils sauront en atteindre les bornes. J'en atteste Gama et ses intrépides compagnons.

La tempête avait fui. Les enfants d'Éole, adoucis par Vénus, les dirigeaient paisiblement vers cette immense région où, pour prix de tant d'efforts, vont s'établir un nouveau culte et de nouvelles mœurs, sous un sceptre nouveau.

Les Portugais longeaient la côte, lorsqu'ils aperçurent des barques de pécheurs qui, sortis le matin de Calicut ', leur en indiquèrent le chemin. De toutes les cités dont s'enorgueillit le Malabar, Galicut est la plus opulente et la plus belle : elle doit sa richesse au commerce, et son lustre à la résidence du monarque.

1. Le sultan Orkhan avait Instilué, vers 1350, le corps des Janissaires (du turc ieni'tcheri^ troupe nouvelle). Cette infanterie était recrutée parmi les jeunes clirétiens, enfants de tribut on oapUfb d« guerre, qu^on élevait dans Pislamisme.

2. On peut rapproctier de cette apostrophe qu'adresse Gamoent aux peuples chrétiens celle que Lucain adressait aux Romains :

Quis furor, ô ci Tes I quœ tanta liceotia ferri Genlibus iuvisis Latium prœbere crnorem ? Qaumque superba foret Babylon spolianda tropsis Ansouiis, umbraque errarct Crassus ioulta, Bella geri plaçait uuUos habitura triumpboi I

(Pharsale, I, ▼. 9-13.)

3. Calicul appartient aui Anglais depuis 1790. Elle est située par n<»16' lat. N., et 73o24' 45" long. E.

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Au delà de ilndus et en deçà du Gange s'étend une région célèbre, baignée par la mer au midi et bornée au septentrion par les montagnes Émodiennes ^. Des sceptres divers Tout soumise à différents cultes. Une partie des habitants suit la loi de Mahomet ; les autres adorent les idoles, ouvrage de leurs mains, ou les animaux domestiques, compagnons de leurs travaux.

Les deux fleuves qui Tarrosent ont pris naissance dans cette longue chaîne de montagnes qui, sous des noms difliêrents, traverse TAsie entière. G*est de là qu'ils viennent embellir et féconder les délicieuses contrées qu'ils embrassent. Ils en forment, dans leur cours, une magnifique Ghersonèse, et vont se jeter, à une grande distance Tun de Tautre, dans Tocéan des Indes.

Ici, la terre qu'ils abandonnent s*avance dans la mer en pyramide renversée et s'arrête en face de Geylan. Que de peuples, que de royaumes nous présentent ces beaux climats t Quelle variété de noms, de mœurs et de langages I Non loin des lieux où le Gange commence à dérouler ses larges flots, la nature a placé, dit-on, une nation fortunée qui ne se nourrit que du parfum des fleurs*.

Plus bas, on aperçoit les Delhyens'et les Patanes^ qui s'étendent sur un immense territoire ; les peuples du

1 . Les moDtagnes Ëmodienneu, Einudi montée sont ua prolongeinent de limaOs vers le S. E. C'est aujourd'hui TUimalaya (c'eti-àdire en indien tilour de la neige ou dt» frimas ) dont le pic le plm élevé a 8840 mètres.

2. La Harpe fait remarquer que Pline ^ sur la foi des nataraUstet grecs, avait adopté cette fable.

3. Le Delhi, province de l'Hindoustan, était comprit entre 38* et 3I<» lat. N., 73<> et 7 S» long. E., et avait pour capitale la ville da même nom qui, au quatorzième siècle, avait été une des plus puis*, santés cités du monde, occupant une surface de 135 kilomètres et ne comptant pas moins de 2,000,000 d'habiUnU. •

4. Habitants de Sri-ranga-Patana (c'est-à-dire la cité de Viehnoa), ville forte, située sur une lie du Kavery, par 12» 25' 29'' lat. N., el 740 19' w long. E.

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Décan'jles Orias qui se puriflent dans les eaux du Gange ; la terre de Bengale^, la plus fertile de Tunivers ; la belliqueuse Gambaye \ encore fière du souvenir de Porus, et le royaume de Narsingue plus riche en or et en pierreries qu'en vaillants guerriers.

Là, s'élùvent les montagnes des Gates *, que Ton découvre de la haute mer, et qui défendent le Malabar de Tagression du Ganara. Au pied de ces montagnes se prolonge un rivage étroit où la mer voit expirer ses flots. 11 est couvert de cités florissantes, au milieu desquelles apparaît Galicut, la ville du Samorin.

La flotte avait à peine touché le rivage, qu'un envoyé de Gama court annoncer au monarque l'arrivée des navigateurs de rOccident. Monté sur une barque légère, il entre dans les eaux du fleuve. Son aspect imprévu, son teint, son air, ses vêtements étrangers, font voler à sa rencontre un peuple immense.

Au milieu de cette foule empressée arrive un musulman •. 11 est né sur la côte barbare ou régna jadis Antée» Voisin de la Lusitanie, le sort des armes Ta fait, jeune

1. Le Décan (en ind'ieti Dashkinoy le Sud) avait d^abord désigné toute la partie méridionale de l'Inde. Après l'invasion oiahométaDe, il ne désigna plus que la partie comprise h peu près entre 1 6o et23<* lat. N., depu-8 la mer d'Arabie jusqu'à la baie du Bengale.

?. Le Bengale, un des pays les plus riches de THindoustan, formait alors un royau.ne indépendant, main devait, un peu plus lard, être soumis au sultan de Delhi. 11 n'a pas cessé d'être très-rertile : il produit aujourd'hui en abondance les cannes à sucre, les céréales, le tabac et l'opium ; on y élève beaucoup de vers à soie.

3. Cette ville, située sur le golfe du mémo nom, par 2<°21' lat. N. et 70^28' long. G., eut longtemps un commerce florissant; rencombrement de son port lui a Tait perdre toute son importance.

4. Les Gates ou Ghattes sont deux chaînes de montagnes dont Tune 8*étend au S.-F)., l'autre à l'O. du Décan, et qui se trouvent jointes entre elles par les monts Nilgherrics.

5. Le fait est conrormc à riiistoire. Ce Maure rendit de grands services aux l*orlugai5, cl lorsqu'ils se brouillèrent avec le Samorin. Il devint suspect îi ce prince qui le crut d'intelligence avec eux. Il se réfugia sur la flotte et se fit chrétien. (La Harpe.)

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encore, tomber enlre les mains des Portugais. La fortune l'a depuis transplanté dans ces climats lointains.

Il aborde d'un air riant le messager de Gama , et le saluant en espagnol : « Guerrier, lui dit-il, quel motif t'a « conduit ' dans cet autre univers, si loin du Portugal « ta patrie? —Le zèle de la foi, répond le messager. « Nous venons, à travers des mers inconnues, apporter « ici la connaissance du vrai Dieu et faire triompher son « nom parmi les peuples de l'Inde.

Mozaïde (c'était le nom du Maure) restait muet de surprise et d'admiration à Tidée d'un pareil voyage, au récit des combats, des tempêtes, de tous les accidents d'une navigation si périlleuse et si longue*. « Enfin, « lui dit le Portugais, nous avons vaincu la mer, les « vents et les Barbares, et je viens informer de notre « arrivée le souverain de Galicut. — Ta mission est « remplie, lui répond l'Africain. Le palais du monar- « que touche aux murs de la cité ' ; la Renommée lui « porte en ce moment ton message.

« Viens avec confiance te reposer sous mon humble « toit. Un repas frugal y réparera tes forces, et nous « irons ensuite visiter de compagnie tes généreux com- « patriotes. Est-il pour d'anciens voisins un plaisir plus « doux que de se retrouver ainsi sur une terre étran- « gère ? »

Déjà la demeure de Mozaïde est ouverte au guerrier. Le Portugais s'assied à la table du Maure : on les croirait de vieux amis. Le repas fini, ils se dirigent ensem-

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