‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 19 sur 240 · VIE DB CAM0BM · texte numérisé non relu

VIE DB CAM0BM

quelquefois dans la conduite des a£FaireSy les confierezvous à ce mortel pieux qui, tranquille à Tombre du sanctuaire, ne médita jamais que sur les intérêts du ciel! »

En adressant au prince, pupille des jésuites, ces mâles et généreuses paroles, Camoens fit son devoir de citoyen. Il accomplit une belle action. Il consomma du même coup sa propre ruine pour les années qui lui restaient à vivre.

Son poème fut publié en 4572 ^ Nous avons déjà dit, dans l'introduction qui précède , l'impression générale qu'il produisit dans la nation et le succès rapide qu'il obtint en tous lieux. Mais le roi et ses ministres restèrent insensibles. '

On accorda, non au poète , mais au soldat , pour ses seize années de services militaires, une pension annuelle de seize mille reis (environ 93 francs*), à la condition qu'il résiderait constamment à Lisbonne et qu'il ferait renouveler tous les trois ans l'ordonnance qui la lui donnait. Nous devons ajouter qu'elle lui fut payée avec si peu de régularité qu'il lui arriva de dire, en plaisantant, que le roi ferait bien de commuer ses quinze mille reis en quinze mille coups d'étrivières à donner aux ministres dont le payement dépendait.

1. Après quelques corrections et suppressions des censeurs, il avait eu l'autorisation d'imprimer le 24 septembre 1571.

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