‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 191 sur 240 · llle inlra tecta vocari · texte numérisé non relu

llle inlra tecta vocari

Imperat, et solio médius consedit avito.

Tali iotus teroplo divûm patriaque Lalinus Sede sedens, Teucros ad sese in tecla voeavit.

(Virg., Éiéide, y\l, v. 168-169; v. 192-193.)

LES LU8IADES. CH. Vil (St. 59-62). 490

du trône. Averti par un geste du Samorin, le héros s'assied; ses compagnons restent debout. Leurs traits, leur? armes, leurs vêtements inconnus à TAsie, fixaient regards du monarque, lorsque Gama, d'un air noble et modeste qui lui concilie à l'instant la bienveillance de la cour, prit la parole en ces termes :

« Des bords lointains où le soleil, dans sa révolution « rapide et continue, semble éteindre pour une moitié « du monde le flambeau qu'il porte à l'hémisphère opte posé, un grand roi, frappé de ta renommée, m'envoie, « à travers l'immensité des flots, te demander, en son « nom, ton alliance et ton amitié.

« Son royaume est l'entrepôt des richesses du monde, « de toutes les productions que le commerce transporte « des rives du Tage aux campagnes du Nil, et de la <c froide Zélande aux climats brûlants où le soleil donne « à l'Ethiopie des jours d'une égale durée.

« Si, par un traité solennel, tu permets entre nous ces « pacifiques échanges qui rapprochent les empires et les « fécondent l'un par l'autre, si tu nous ouvres tes portes, a ce traité, ces rapports nouveaux, deviendront, n'en « doute pas, une source de revenus pour ta couronne, « de richesses pour tes sujets et de gloire pour mon « souverain ^

« L'alliance une fois jurée, tes ennemis sont les siens; « tes guerres sont les siennes; ses armes, ses soldats', « ses vaisseaux sont à toi; tous vos intérêts sont corn- « mims : les deux peuples ne forment plus qu'une fa*-

1. Non erimus regno indecorea; nec vestra Terclur Fama levis, tantique abolescet gratia facli ; Nec Trojam Ausonios gremio excepisse pigebit.

(Virg., iWi(/<r, VII, t. ?3 1-233.)

2. Accipe, daque fidem : sunt nobis fortia bello Pectora, sunt aDimi, et rébus speclata juventus.

(Virg., i;n</de, VUI, v. 160-151.)

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« mille. Telles sont les offres qu'il t'adresse par ma « bouche. Lui dirai-je que tu les acceptes? >

Le Samorin lui répond : « Un illustre ambassadeur « qui, du fond de l'Occident, vient m'ofiFrir l'amitié d'un « grand prince, honore mon sceptre et flatte ma puisce sance. Mais je dois avant tout prendre l'avis de nion « conseil; j'ai besoin de connaître mieux la contrée (c dont tu sors, la nation qui l'habite et le souverain qui « la gouverne. Tu pourras, en attendant, te reposer de « ton voyage. Ma réponse sera prompte et conforme, je « l'espère, au désir de ton roi. »

Déjà la nuit ramenait la fin des travaux des mortels >. Tandis que Morphée, les mains chargées de pavots, allait toucher leurs paupières fatiguées, Gama fut conduit, avec ses guerriers, au palais du ministre. Un repas somptueux, une fête brillante terminèrent pour eux celte journée.

Cependant le Gatual, fidèle aux ordres de son maître, songeait à recueillir de nouvelles lumières sur la patrie des guerriers, sur leurs mœurs et sur leur croyance, A peine ses yeux sont-ils frappés des premières clartés du jour, qu'il appelle Mozaïde : < Quels sont ces étran- « gers? Tu dois les connaître ; j'apprends que leur patrie « est voisine de la tienne.

« Parle-moi sans feinte et sans détour. Le prince, in- « certain du parti qu'il doit prendre, hésite et délibère. « C'est à toi de le fixer. — Que te dirai-je, lui répond (( Mozaïde, qui ne te soit déjà connu? Je sais qu'ils sont a nés dans l'Hespérie, non loin de mon pays et des mers « où se plonge le soleil.

« Leur culte est pacifique et pur; ils suivent la loi « d'un prophète qu'un souffle céleste engendra dans le

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