‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 193 sur 240 · Voir notice sar la vie de Camoens, p. 38 et suif · texte numérisé non relu

Voir notice sar la vie de Camoens, p. 38 et suif

3. Ëtéchias, roi de Juda, était attaqué d*un ulcère et allait mourir, lorsque, touché de ses prières, Dieu lui accorda quinze ans de vie. Isaîe nous a conservé (cb. 38) et J.-B. Rousseau a mis en vers firançais le célèbre cantique d'actions de gr&ces qu'il composa après sa guériaon*

501 LES LtSIADES. GH. VU ^St. 81-88).

VOS nuits et vos jours : voilà le prix qu'ils vous réservent^ !

Soyez donc mon seul trésor, Nymphes du Tage, soyez mon seul appui. Ne m'abandonnez pas au moment où je vais chanter tant d'actions mémorables*. Vous ne me verrez point prostituer vos dons à d'indignes mortels. Je l'ai juré, et si je violais mon serment, puissent-ils m'aocabler à la fois de leur ingratitude et de leur mépris !

Jamais, oh! non, jamais, vous ne m'entendrez célébrer celui qui, sans crainte et sans remords, sacrifie à de vils intérêts et le prince et l'État; ni l'ambitieux qui n'aspire aux grandeurs que pour en faire l'instrument de ses vices;

Ni ce dangereux Protée qui, fier de la faveur du maître, insulte tour à tour et sourit à ses victimes; ni ce conseiller perfide qui, sous le manteau de la vertu, séduit

1. On peut rapprocher de tout ce passage les vers de la Vlh satire de Juvénal,où l'auteur latin dit aux poètes quMls n'ont rien à espérer de la générosité de8 grands : « Pour toi, si tu comptes sur un autre secours, et qu'un tel espoir te fasse enfanter des volumes, court allumer un fagot, sacrifie tes écrits à l'époux do Vénus, ou renfermeles dans ton coffre à la merci des vers. Brise tes plumes, effaee ees combats, tristes fruits de les veilles, toi qui, dans un misérable réduit^ ▼ides au sutilime pour obtenir un lierre stérile ou de maigres statues. N'attends rien de plus : le riche avare, tel qu'un enfant à Taspcet de l'oiseau de Junon, ne sait que s'extasier en écoutant nos vem. — « Cependant l'âge arrive ; on ne peut plus manier la rame, l'épée ou le hoyau ; dès lors le dégoût «e glisse dans notre âme : vieillards éloquents et indigents, nous détestons et la vie et le sacré vallon. »

Spes Dulla ulterior ; didicit jam dives STaras Tantiim admirari, tantam iaudare dîsertos, (Jt pueri luaonis avem. Sed defluit œtas Et pelagi patiens, et cassidis atque ligonis . Taedia tune subeunt auimos. tune seque suamque Terpsichoren odit facuoda et uuda senectus.

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