‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 195 sur 240 · CHANT HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHANT HUITIÈME

Le ministre du Samorin contemplait en silence la figure vénérable dont les traits l'avaient frappé d'abord. Une longue barbe blanche descendait sur la poitrine du vieillard. « Quel est ce vieux guerrier? dit le Gatual au frère a de Gama : que signifie ce rameau qu'il tient à la main^?» Mozaïde lui transmet dans sa langue la réponse du Portugais.

« Tu vois les héros de ma patrie. Cette fierté, cette « grandeur que tu remarques dans leurs traits, éclatent « plus vivement dans leurs actions. Il y a longtemps « qu'ils ont passé sur la terre, mais leur gloire y brillé <c encore. Ce vieillard est Lusus. La Lusitanie lui doit « son nom.

a Fils du Thébain qui étendit si loin ses conquêtes, « il le suivit jusqu'au sein de l'Hespérie, jusqu'aux « plaines charmantes qu'arrosent le Douro et la Gua- « diana. C'est là que les anciens avaient placé leur Ély- « sée. Lusus * voulut y reposer sa vieillesse, et cette terre, <( honorée de son nom, le fut aussi de son tombeau. Le a rameau qu'il tient à la main, nous apprend qu'il était' <c le fils et le compagnon du dieu du thyrse.

« Cet autre héros, qui fou Je la rive du Tage, a long-

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