CHANT HUITIÈME
Le ministre du Samorin contemplait en silence la figure vénérable dont les traits l'avaient frappé d'abord. Une longue barbe blanche descendait sur la poitrine du vieillard. « Quel est ce vieux guerrier? dit le Gatual au frère a de Gama : que signifie ce rameau qu'il tient à la main^?» Mozaïde lui transmet dans sa langue la réponse du Portugais.
« Tu vois les héros de ma patrie. Cette fierté, cette « grandeur que tu remarques dans leurs traits, éclatent « plus vivement dans leurs actions. Il y a longtemps « qu'ils ont passé sur la terre, mais leur gloire y brillé <c encore. Ce vieillard est Lusus. La Lusitanie lui doit « son nom.
a Fils du Thébain qui étendit si loin ses conquêtes, « il le suivit jusqu'au sein de l'Hespérie, jusqu'aux « plaines charmantes qu'arrosent le Douro et la Gua- « diana. C'est là que les anciens avaient placé leur Ély- « sée. Lusus * voulut y reposer sa vieillesse, et cette terre, <( honorée de son nom, le fut aussi de son tombeau. Le a rameau qu'il tient à la main, nous apprend qu'il était' <c le fils et le compagnon du dieu du thyrse.
« Cet autre héros, qui fou Je la rive du Tage, a long-