Voir notice historique, p
• 4. Dom Duarle de Viana était flls naturel du comte de Menexès. Il accompagna le roi Alphonse V dans sa seconde expédition d'Afrique. Alphonse éiait à Ccuta, lorsqu'il Tut averti par quelques Maures qu*il pouvait Taire une prise considérable dans la montagne de Benaxafu* C'était un piège : à peine le roi fut-il engagé dans les sinuosités de la montagne, qu'il Tut assailli par une multitude effroyable de Maures* Dom Duarle, à la tétc de quelques braves, soutint longtemps TefTort des Barbares, et couvrit la retraite précipitée du roi ; mais il ne put se sauver lui-même, et tomba couvert de ble^ures. (M.)
LES LUSIADËS. CB. Vlll (St. 39-43). 547
« la faveur qui alimentent les arts? les pinceaux et les « couleurs manquent à nos peintres. C'est la faute de (( ces fils dégénérés qui, plongés dans la mollesse, ont « oublié les exploits de leurs pères.
« Les grands hommes dont ils descendent ne s'étaient « ennoblis que par la vertu. Ils aspiraient à fonder sur « elle rhonneur de leur race. Aveugles qu'ils étaient ! « Leur gloire, si péniblement acquise^ a livré leurs en- « fants à des loisirs corrupteurs, et plus l'éclat de leurs « actions se répand dans l'univers, plus l'ombre s'étend « sur leur obscure postérité *.
« Des hommes vulgaires les ont remplacés sur la « scène du monde. Sans vertus, sans aïeux, ils sont « pourtant chargés de pouvoir et d'opulence. C'est la « faute des rois qui prodiguent à la faveur ce qu'ils « refusent au mérite. Ces enfants de la fortune ne nous « demandent pas les images de leurs pères ; la vérité « de nos pinceaux révolterait leur, orgueil.
« Sans doute, il est encore parmi nous de dignes a rejetons des héros, d'illustres chevaliers qui n'ont « point démenti leur origine. S'ils n'ajoutent point à « la gloire de leurs aïeux, ils savent du moins en sou- « tenir l'éclat. Mais chaque jour en voit décroître le « nombre, et le génie de nos peintres n'aura bientôt plus « d'aliment*. »
Ainsi, tour à tour, admirateur passionné ou censeur
1. La gloire des ancélres, diaprés In belle expie^siun de Sallustc, est pour leurs descendants un flambeau qui ne laisse dans robscurilè ni leurs vertus ni leurs vices, a Majorum gloria posteris lumen est, neque bona, neque mala in occulto patitur. » — Juvénal exprime U même pensée que Salluste :
Incipit ipsorum coutni te slare pareolum NobiliUi, claramque facem prsferre pudendis. Omiie animî vilium tanto conspectiiii iu se Crimcu habet, quanto ni^or, qui peocat, habetur.
(Vlll, 138)
2* dmoeos ici semble 8*oublier : il parle en son nom et ne pense
518 LBS LUSIADBS. CH. VIII (St. 43-46).
inexorable, Paul de Gama expliquait au Gatual les faits glorieux qu'une main savante avait tracés sur nos bannières. Le Malabare enchanté se faisait répéter et redemandait encore le récit des batailles dont l'image était sous ses yeux.
Mais déjà le flambeau du monde descendait sous Thorizon. Aux derniers rayons du jour, le Gatual s'éloigne de la flotte. Ses mille Naïres le suivent sur les eaux et vont demander à la nuit le silence et la tranquillité qui réparent les fatigues du jour.
Cependant, rassemblés par ordre du Samorin, les aruspices \ les devins, les prêtres des idoles, se livraient aux prestiges d'un art trompeur, et, dans leurs sacrifices ténébreux, interrogeaient la magie sur les suites incertaines de l'arrivée des étrangers, sur les événements heureux ou malheureux qui devaient naître de ce premier événement.
L'enfer leur dit vrai cette fois. Il leur montre les guerriers de THespérie enchaînant les nations du Gange, et fondant un éternel empire sur les débris des trônes de l'Inde. Les devins épouvantés vont porter au Samorin la terrible réponse trouvée dans les entrailles des victimes.
A l'effroi des idolâtres se joindra bientôt la fureur des musulmans. Bacchus toujours constant dans sa haine, prend la figure du prophète que révèrent les enfants d'Ismaël, et visite en songe* un ministre de l'Alcoran.
plus qu*il fait parler Gama. Celui-ci devait avoir pour but d'inspirer au Catual une haute idée des Portugais et ne pouvait pas, dans de tellsi circonstances, 8*eiprimer de cette façon sur le compte de ses oontem* porains.
1 . Barros raconte, au iV« livre de la première décade de son histoire, qu'un devin du pays avait montré au Samorin, dans un Ysse rempli d'eau, l'image de toute une flotte, venue d'une contrée trèséloignée pour ruiner le commerce et le pouvoir des Maures en Orient.
2. Dans PÊnéide, Aleclon, pour exciter la colère de Tumus oonlre
LB8 LUSIADES. CH. VIII (St. 47-49). 519
Le prêtre dort, mais le fanatisme veille dans son cœur.
« Tremblez, enfants de Mahomet, un grand malheur « vous menace. Craignez tout de ces étrangers que « rOcéan vient de vomir sur vos bords. » Il dit : le musulman se réveille en sursaut, mais se croyant abusé par un songe ordinaire, il se rassure et se rejette, plus calme, dans les bras du sommeil.
Le dieu lui apparaît encore: « Ne reconnais-tu pas « le grand législateur qui donna jadis à tes pères cette « loi sacrée qui vous a sauvés t5us de l'opprobre du « baptême? Je veille pour toi, barbare, et tu dors*. « Apprends que ces vils chrétiens n'aspirent qu'à vous « replonger dans les ténèbres dont j'ai tiré le genre huc< main.
« Us sont encore peu nombreux et sans force. Armez- « vous pour les détruire. Quand les premiers rayons
Énée, prend les iraiU de Calybé, la vieille prêtresse de Junon, et se présente au jeune prinee pendant son Sommeil.
Tectii hic Tornas ia altis
Jam mediam nigra carpebat uocte quietem. AUeeto tonram faciem et furiaiia membra Exuit ; in Tultas sese tranifurniat anilet,. . . Fit Caljbe, Junonis anui templique sacerdot, Et juveni ante oculos his se cum vocibai offert.