Toate celte énumération d'arbres parait imitée d'Ovide
Vos quoqne , flezipedet hedene, venisds, et nna Punpiiieae tites, et ainicts vitibut uimi, Orniqne, et pioes, pomoque onerata rubenti Arbutus, et lente, vicloris pnemia, palnMe, Et suceiucta eomai hii*tutaque vertice pinut, Grata DeAm matri : Siquidem Cybeleius Atyt Exoit bac hominem, traocoque induruit illo. Adfuit liuie torbs, metas imilata cupreMoi. . . .
{Métam, X, y. 99-106.)
3. Ovide raconte, dans le IV« livre des Métamor phases yXa, mort de Pjnime et de Thisbé. \U s'étalent donné rendei-vous sous un mûrier blane : Thisbé, arrivée la première, volt tout à coup une lionne; elle s'enfuit et laisse tomber son voile que la lionne déchire et ensanglante. Pyrame, qui le trouve, ne doute pas de la mort de Thisbé. Désespéré, il se lue près de l'arbre, et
Arborei foetni adspergine csdit in atraro Vertuatur faclem ; madefactaqae sanguine radix Pœniceo tinguit pendeutia mora colore.
(/rf. IV. T. .125-127.)
Cependant, Thisbé revient, elle reconnaît à peine le mûrier dont les fruits n*ont plus la même couleur
Sic facit incertain poroi co'.or, ....
(Id. IV, V. 132.)
et, I Ion tour, elle se perce le eœur avee le glaive encore chaud de
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La grenade vient de s'ouvrir : elle efface l'éclat du rubis. Dans les bras de Tormeau se balance la vigne amoureuse, avec ses grappes de pourpre et d'émeraude. Et toi qui, sur la tige où tu reposes, as reçu les atteintes de Tavide passereau, poire au corsage élancé, sois fière de tes blessures ; elles ont révélé ta saveur et ton prix.
Un long tapis de verdure , plus brillant et plus doux que ceux- que la Perse a tissus, couvre le fond de la vallée : des niyriades de fleurs la décorent. Narcisse incline sa tète élégante sur une eau pure et tranquille^. Près de lui renatt, dans Tanémone', le fils de Ginyre et de Myrrha, Adonis, dont le souvenir, ô Vénus ! te fait encore soupirer.
En voyant le ciel et la terre étinceler des mêmes couleurs , on pouvait douter si T Aurore répandait sur les fleurs son doux éclat, ou si Téclat des fleurs allait se ré-
son amant. Depuis lors la mûre se teint, en mûrissant, de la couleur qui rappelle ces sanglantes amours.
Nam eolor in pomo est, ubi permaturuit, ater.
(Ot. Métam. IV. y. 165.)
1. Narcisse, en contemplant sa beauté dans le miroir d*une claire fontaine, devint tellement amoureux de lui-même qu'il en mourut de langueur. Après sa mort, son corps disparut, et les Naïades, ses sœurs, qui le pleurèrent, ne trouvèrent à sa place que la fleur qui porte son
nom:
Nusqnam corpus erat : croceum pro corpore florcm Inveoiaut, foUit médium cingcDlibus «Ibis.
(0?., Métam., Ill, t. 509-510.)
2. Malgré les conseils que lui a donnés Vénus, Adonis s*est liTré
au plaisir de la chasse : il est tué par un sanglier. Vénus accourt, le
trouve mort, et se livre h sa douleur. Mais de son sang elle fait une
fleur.
At cruor in florem muUbitur
(Ov., Métam,, X, v. 728.)
Linnée a donné le nom d'Adonide à une plante très-voisine de ranémone, et que sa fleur, d'un rouge éclatant, fait remarquer au milieu des moissons Sa couleur a fait pensera Linnée que c'était elle qu'Ovide désigne, et non l'anémone de» jardins. Et en effet celle-ci, originaire du Levant, n'était sans doute pas connue des Romains.
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fléchir sur le front de TAurore*. Jeune compagne de Zéphyre, c'est toi qui vas distribuant à la violette ses tendres nuances, à la rose les teintes pudiques dont se colore la timide beauté : c'est toi qui revêts d'un éclat si pur Tasphodèle aux fleurs d'or, l'odorante marjolaine, le lis qui boit les pleurs du matin, l'hyacinthe où se lit en caractères ineffaçables la douleur d'Apollon^.
Tandis que Flore et Pomone embellissent à l'envi ce délicieux séjour, des légions d'oiseaux chantent dans les airs, de joyeux troupeaux bondissent dans la plaine. Cycnus soupire au bord des eaux : Philomèle lui répond sous le feuillage. Actéon ne s'épouvante plus de l'image de son bois, que réfléchit le cristal des fontaines. Le lièvre craintif, la tremblante gazelle , sortent sans effroi des buissons épineux, et le moineau familier porte gaiment à son nid la pâture de sa famille naissante.
C'est dans ce riant Elysée que descendirent les nouveaux Argonautes. Les déesses erraient à l'aventure à travers les pelouses fleuries : les unes faisaient résonner les douces guitares, les harpes harmonieuses, les flûtes pastorales; les autres, un arc d'or à la main, semblaient poursuivre des animaux. . . qu'elles ne poursuivaient pas.
Vénus, si savante en l'art de plaire , Vénus leur avait dit : « Au premier abord des héros, dispersez-vous sur le gazon, dans les bocages; fuyez , ils voleront sur vos pas. Quelques-unes se confiant dans leur beauté, sans
1 • ImiUUon de deux vers d'Ausone.
Ambigeret raperetne rosis Aurora niborem. An diuret, et flores tingeret orU dies.
2. LorMiue Apollon, en jouant avec le jeune Hyacinthe, Teut tué par mégarde d'an coup de palet, il voulut que de son sang naquît une fleur sur les feuilles de laquelle il inscrivit comme signe de sa douleur les deux lettres a i, qui signifient hélas !
Ipsa suos gemitus foliis inscribit ; et ai ai
Flos habet inscriptum
(Ov., Métam., X, v. 215-216.)
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autre parure que leurs charmes , se jouaient négligemment au milieu d*une onde pure.
Cependant les guerriers s^élançaient de leurs navires, impatients de faire la guerre aux habitants des bois. Ils ne savaient pas que, grâce au dieu des Amours, ils n'auraient besoin, sur ces belles collines , ni de pièges, ni de filets, ni des armes du chasseur.
Les uns, Tarquebuse ou Tarbalète à la main, s'enfoncent dans Tépaisseur du bocage, asile obscur de la gazelle et du cerf : les autres foulent paisiblement la verdure, et, séduits par la fraîcheur de Tombre, suivent les méandres charmants d'un ruisseau qui , sur un sable d'argent, porte son onde à la prairie.
Tout à coup ils voient s'agiter, à travers le feuillage, des couleurs brillantes et variées. Leur éclat n'est pas celui des fleurs : l'œil ne peut s'y méprendre. C'est la blancheur delà laine la plus pure; c'est l'éclat de la soie dont se décorent nos jeunes beautés, quand, pour mieux -assurer leurs conquêtes, elles appellent la parure au secours de leurs attraits.
Velloso pousse un cri de surprise et de joie. « Amis, « quelle rencontre imprévue! quelle heureuse décou- « verte 1 Si les divinités des vieux âges habitent encore « sur la terre , cette île fleurie est le séjour des déesses. « Oh ! que la nature est féconde en merveilles I et que « de richesses elle dérobe à la curiosité des mortels !
« Suivons les belles inconnues ; mortelles ou déesses, « tâchons de les atteindre. » Il dit, et, plus rapide que le daim, s'élance avec ses compagnons à la poursuite des nymphes. Elles fuient , en poussant des cris , à travers le bocage. Les robes légères, les blondes chevelures, voltigent* au gré des vents.