Ancien nom du Mexique
3. 11 y a, dans cette staoce et la stance suivante, plusieurs vers
562 LES LUSIADES. CH. X (St. 3-5).
Des vins plus parfumés que le Falerne exhalent Todeur de Tambroisie, si chère au maître des dieux et à tous les immortels. Des vases de diamant reçoivent la brillante liqueur; mêlée d'une onde pure, elle jaillit en écume pétillante, et porte au fond des cœurs une subite allégresse.
L'aimable enjouement, la piquante saillie^ mille propos folâtres, animaient les heureux convives. Des harpes divines se faisaient entendre autour d'eux : la lyre qui, dans le royaume de Pluton, suspendit les tourments des ombres, la lyre d'Orphée, avait moins de charme et de douceur. A ces accords ravissants, une des nymphes marie tout à coup une voix plus mélodieuse que la voix des sirènes^.
Elle chante, et ses accents, soutenus par une harmonie enchanteresse, se prolongent en cadence sous les voûtes sonores du palais. Elle chante : les vents se taisent; l'onde ose à peine murmurer; le farouche habitant des bois écoute et repose dans son antre.
imiléa du passage de la Pharsale où Lacain décrit le repas offerl i César par CléopAtre.
>^ Infuderé epulas auro : quod terra, quod aer,
Quod pelagus, Nilutque dédit, quod luxus inaul Arabitione furens toto qucsirit in orbe,
manibusque ministrat
Niiiacas Crystallas aquas, gemra»que capaces Excepere merum, sed non Alareoiidot uvœ, Nobile sed paucis leuium cui contalit annis ludomilum Meroe cogens spumare Falemum.
(/>Aûr*., X, T. 154-163.)
t. Cette description du banquet céleste^ offert à Gama par la reine des mers, rappelle celui des dieux dans l'Iliade. « C*est ainsi , dit Homère, quUls passèrent à table tout le Jour Jusqu'au coucher du soleil ; tous jouirent également, et de la bonne chère, et des sons de la lyre superbe que tenait Apollon , et de la belle voix des Muses qui chantaient tour à tour. »
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(.Iliade y I, ▼. 601 -^03.)
LES LUSIÂDES. CH. X (St. 6-8). 563
D'un ton prophétique, elle porte jusqu'aux cieux les héros que doit enfanter la Lusitanie. Protée les avait aperçus dans ce globe diaphane qu'il reçut en songe des mains de Jupiter. Le devin les a fait connaître aux habitants de rhumide empire; et la nymphe, attentive à ses brillantes prédictions, les a fidèlement retenues.
La muse héroïque peut seule redire ce que la nymphe avait appris au fond des eaux. lopas* à Carthage, Démodocus* chez les Phéaciens, chantèrent des faits moins éclatants. 0 Cjilliope! soutiens mes derniers efforts : pour prix de mes chants et de mes stérilej? travaux, viens relever mon courage et ranimer un feu qui s'éteint.
Mes tristes années déclinent vers leur penchant. En-
1 . lorsque Didon reçoit dans son palais Énéc et les Troyens, c*eâl lu chantre lopas qui, après le repas, prend une cithare dorée, et Tait entendre des chants qu^applaudisseut les Tyriens et leurs hôtes.
Cithara criuitus lopas
Personal aurata, docuit qaem maximus Atlas : Hic canit errantem iauaro, solisque labores;
Unde hominum genus, et pecudes; unde
Ingeminant plausu Tyrii, Troesque seqauntur.
(Virg., Enéide, I, r. 740-747.)
2. Dèmodocus était un aède qui, suivant Homère, vivait à la cour d*AJcinoûs, roi des Phéaciens, dans Tile de Corcyre. Au yni» chant de rOdyssèe, Ulysse, reçu par Alcinotis, après avoir entendu Dèmodocus, loi adresse ces paroles : a Dèmodocus, je te loue assurément plus que tous les autres mortels : c'est la Muse, ÛUe de Jupiter, qui t*a instruit oa bien c'est Apollon ; car tu chantes avec un art admirable la triste destinée des Grecs, tout ce qu'ils ont fait et souffert, et tous les travaux qu'ils ont accomplis, soit que tu aies assisté loi-méme à ces événements, soit que tu les aies recueillis de la bouche d'aulrui.p
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