Voyez la Notice sur la vie de Camoens, p
2. Ovide représente Ajax et Ulysse se disputant les armes d'Achille dans rassemblée des Grecs. Ajai fait valoir ses droits comme un soldat qui n'a pas l'habitude de la parole
Sod nec mihi dicere proniptum,
Nec facere eit isti : quantumqae ego Mtrte feroci. Quantum acie valeo, tantum ralei iste loquendo.
Uljsse au contraire emploie toutes les ressources de l'orateur :
Adstitit, atque oculos pauluni tellure moratos Sustolit ad proceret, exapectatoqae reaolvit Ora sono; ueque abest facuodit gratia dictis.
Il sait émouvoir l'assemblée, et c*est à lui qne sont décernées les armes disputées.
Mota minus proeerum est ; et, quid facundia poss^^t, Re patnit ; forlisque viri luiit arma disertus.
{Métam,, XIII, v. 1^88.)
570 LES LUSIADES. CH. .X (St. 25-29).
« aussi longtemps que le soleil éclaii*era le monde , les « peuples honoreront sa mémoire et reprocheront à la « tienne cette grande iniquité.
« Après lui, dit la nymphe en reprenant son chant a prophétique, après lui parait un autre guerrier, Al- « meida\ le premier vice-roi des Indes. Lorenzo Tac- « compagne ; Lorenzo , son digne fils , qui saura com- « battre et mourir en Romain. Leurs armes réunies « puniront Quiloa, renverseront un tyran perfide, et « placeront sur le trône un prince ami de la justice et (c des lois.
« Mombaze, qui s'enorgueillit de ses pompeux édifices, « Mombaze, à son tour ravagée, recevra sur ses ruines « fumantes le prix de ses anciennes perfidies. De la côte « africaine Lorenzo s'élance aux rivages de Tlnde , dé- « truit les fragiles navires armés contre lui, et se pré- « pare à de plus nobles triomphes.
« La flotte du Samorin s'avance et couvre au loin « rOcéan. A peine a-t-elle paru, qu'une pluie de fer et « de feu, vomie parle bronze enflammé, déchire et met (( en pièces ses voiles , ses gouvernails et ses mâts. Le « harpon recourbé saisit la capitane des Barbares ; Lo- M renzo s'y précipite. Quatre cents Maures sont mois- M sonnés par le fer portugais , et la mer reçoit leurs M cadavres.
« Mais la céleste Providence , dont les vues sont im- « pénét râbles, conduira Lorenzo vers des bords où ni « la force, ni la prudence ne pourront le sauver. Les ri- « vages de Ghaul le verront, sur une mer de sang et de « feu, lutter contre les flottes réunies de l'Egypte et de « Gambaye, et succomber dans cette bataille mémo- « rable.
« Des ennemis sans nombre accablant l'héroïsme, les
1 . Voir sur le gouvernement d'Almeida la Notice historique, p. 251.
LES LUSIÂDES. CH. X (St. 30-31). 571
a vents vainement implorés, Tonde émue jusqu'au fond « de ses abîmes, tout sera contre lui. Sortez de la tombe, « héros des siècles antiques; venez recevoir des leçons « de constance et de courage : voyez un nouveau Scéva* « qui, déchiré de blessures , ne sait être ni vaincu ni « dompté.
« Le corps sanglant, la cuisse emportée , il combat « encore* : ses bras et son cœur lui restent. Mais un « dernier coup vient briser les liens qui retenaient cette u âme indomptable; dégagée de sa prison, libre et « triomphante, elle s'envole vers les cieux.
« Va donc, âme héroïque, va recueillir, au sein d'une « éternelle paix , le prix de ton glorieux sacrifice. Ta a mort sera vengée par ton père. Déjà s'apprêtent le « bronze tonnant et la bombe redoutable ; déjà j'entends « gronder l'orage sur la tète des guerriers de l'Indus et « du Nil.
1. Scéva élait un centuriun romain qui servait dans Tarmée de César contre Pompée. Lucain décrit, au Vl« chant de la Pharsale, comment il mourut accablé de blessures, et combien il fut honoré après sa mort :
Labentem turba snorum
Excipit, atque humeris defectum impouere gaudet. Ac velut iaclusum perfosso in pectore numen, Et 'vivam ma^œ speciem Virtutis adorant : Telaque couBxis certant evellere membris, Exornantque deos, ac nudum pectore Martem
Arrois, Scœva, tuis