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586 LES liUSIADES. CH. X (Si. TS-S'i).

centre commun. Soit qu'ils s'élèvent, soit qu'ils s'abaissent, le grand cercle qui les renferme, demeure toujours immobile : partout il présente le même aspect ; partout commence et finit ce chef-d'œuvre d'un art divin.

Uniforme, parfait, il n'a de soutien que lui-même, semblable à son éternel auteur. A cette vue, mille pensées s'élèvent dans l'âme du héros ; mais, saisi de respect, il admire et se tait. « Tu vois, lui dit la déesse, l'abrégé « de l'univers. La route que tu suis en ce moment, celle « que tu dois parcourir encore, les contrées qui te sont « connues, celles que tu désires connaître, vont se préce senter à tes yeux.

« Observe d'abord avec moi le grand édifice du « monde, substance élémentaire, éthérée, telle que la « formée l'éternelle Intelligence. Ce qui embrasse ce « globe et sa rayonnante surface, c'est Dieu: ce qu'est « Dieu lui-même, on l'ignore; le génie de Thomme ne « saurait percer ce mystère.

« Le premier orbe, celui qui, dans son immensité, « enveloppe et retient tous les autres ; celui d'où jaillis* « sent ces torrents de lumière dont l'éclat t'éblouit, « c'est l'Empyrée, où les âmes innocentes jouissent d'un « bonheur qui ne peut être connu qu'à la source dont « il émane.

« C'est là que résident les véritables enfants de la « gloire et de la vertu. Jupiter et Junon, Saturne, Janus « et moi-même, nous ne sommes que des divinités fance tastiques inventées par les poètes. Fidèles à l'art char- « mant qui nous donna la naissance, nous n'avons point « quitté la terre. Le ciel ne nous connut jamais, et cet « Olympe où nous régnons, n'est qu'un rêve brillant du « génie ^

« L'éternelle Providence, dont Jupiter n'est que la

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