Voir Nolicp lill/^ralre, p
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« poétique image, gouverne Tunivers par mille et mille « intelligences. Homère en a fait des dieux. Ministres de « colère et d'amour, ils protègent ou persécutent. Apol- « Ion, Mars et Venus combattent pour Hector; Junon, « Neptune et Pallas ont conjuré sa perte ^
a L'Épopée, qui nous charme et nous instruit tour à « tour, la noble Épopée a recueilli Théritage d'Homère : « elle a conservé ses divinités et leurs noms. Les génies « protecteurs, les génies malfaisants, se retrouvent jus- « que dans les livres sacrés. La muse antique des Hé- « breux a revêtu de formes divines les anges de lumière ; « et, dans son langage inspiré, Moloch lui-même, Taf- « freux Moloch ', est un Dieu.
« Mais il n'en est qu'un véritable, celui dont la main « puissante a suspendu dans l'espace tous ces globes « que nous admirons. Au-dessous de l'Empyrée, séjour « immobile de la paix et de la félicité, un globe se meut « avec tant de vitesse, que le mouvement qui l'agite « échappe à nos regards.
« Il emporte avec lui tous les autres globes, et donne « au soleil le cours régulier qui marque, pour chacun « d'eux, et les jours et les nuits. Sous cet orbe léger,
1 . Au XX* chant de VlHade, lorsque Jupiter, après avoir réuni les dieux, a permis à chacun de secourir le peuple qu'il préfère, Homère les représente marchant nu combat, divisés en deux partis : « A Tendroit où stationnaient les vaisseaux, se rendirent Junon, et Pallas- Minerve, et Neptune, qui soutient la terre, et Mercure, dont I*aide est puissante et qui est doué d'un esprit avisé ; Vulcain, plein du sentiment de sa force, les suivit, boiiant et agitant sous lui ses Jambes grêles. Du côté des Troyen& se rangea Mars, au casque ondoyant; et, avec lui, Phébus à la longue chevelure, et Diane, qui aime à lancer
les traits, et Latone, et Xanthe, et Vénus, au gracieux sourire
C'est ainsi que les dieux affrontaient les dieux :
ft; et pitv 6sot dtvTflt 6f fôv îaav •
3. Dieu des Phi^niciens, des Moabites et des Ammonites, Moloch était identifié avec Baal. On lui sacridait des victimes humaines.
588 LES LUSIADBS. GH. X (St. 80-88).
« tourne péniblement un ciel de cristal ; il accomplit à « peine sa révolution, que déjà l'astre du jour a renou- « vêlé deux cents fois la sienne.
(( Plus bas encore, regarde le firmament émaillé de « corps radieux, qui, soumis à d'immuables lois, tour- « nent étincelants sur leur axe. Vois-le se revêtir d'une « longue écharpe d'or, où figurent douze animaux ^ « étoiles que visitera tour à tour le char de Phébus.
« Considère ce champ d'azur. Quel éclat ! quel tableau ! « Vois le jeune Arcas marchant sur les pas de Calysto, «Andromède et son père, le dragon des Hespérides, « Gassiopée si fière de sa beauté, Orion dont la tète se « couvre d'orages, le cygne qui soupire en mourant, le « lièvre sauvé par Mercure, les chiens célestes, le vais- « seau des Argonautes, et la lyre d'Orphée.
(( Sous son vaste dôme, le firmament voit rouler à des « distances inégales l'antique Saturne ; Jupiter, le dieu « de la foudre ; Mars, le génie des batailles ; Phébus, le « flambeau du monde ; Vénus, qu'accompagnent les
1. L' écharpe d'or dont parle le po^te, est la zone céleste, qui fait le tour du ciel parallèlement à PÉcliptique, et qu'on appelle zodiaque. Ce nom vient du grec CcÂ^icv, diminutif de tûcv, animal^ précisément parce que les constellations qui composent le zodiaque, aTaieot été figurées par des animaux, au nombre de douze, les douie animaux iioilét. On les a réunis dans ces deux vers latins :
Sont Arief , Tauruf , Gemini, Cancer, Léo, Virg^, Libraqoe, Scorpiut, Arcitenens, Caper, Amphora, Pitees.
Plusieurs peuples, dont Tannée était lunaire, admettaient 27 ou 38 constellations; mais les Chaldéens, les Égyptiens et les Grecs n'en comptaient que douze. L^astronomie moderne a conserré cette di?ilion du zodiaque et le partage en douze parties égales de 30 degrés, qu*on appelle signes ; ces signes portent les anciens noms des constellations, mais il ne faut pas les conrondre avec elles, car, par suite de la précession des équinoxes, toutes les constellations étant avancées d'environ 30 degrés, la constellation du Bélier se trouve aujourd'hui dans le signe du Taureau, celle du Taureau dans celui des Gémeaux, etc.
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« Amours ; Mercure, le dieu de Téloquence ; et, au-des- « sous d'eux tous, la déesse au triple visage ^
« Observe la marche variée des corps célestes. Les « uns fournissent lentement leur carrière : les autres oré- « cipitent leur course. Ainsi Ta voulu l'arbitre du monde. « Au milieu de tous ces globes, il a placé le séjour dee^-^- « humains, la terre, qu'environnennt le feu, Tair, les « vents et les frimas.
« L'eau sépare les peuples, les contrées, mais le cou-
1 . Le déplacement lent du pôle céleste, qui fait que certaines constellations descendent sous le ciel, au lieu que d*aulres s^y élèvent pour chaque latitude terrestre» donne une grande importance à la connaissance exacte des dénominations artificielles qui ont été attribuées dans l'antiquité aux divers groupes stellaires. La date à laquelle ces noms ont pu être donnés, devient un élément précieux et pour l'astronomie et pour l'histoire même de Thumanité. Aussi, bien que la géographie du ciel ait perdu maintenant beaucoup de sa poésie, puisque les étoiles, cataloguées par Piazzi ou par Struve, se trouvent modestement classées par numéro^ tout astronome est obligé de connaître les anciennes dénominations.
Dans ses recherches atiatiques , Wilford raconte une conversation qu'il eut avec un astronome indien : t Je lui demandai de me montrer dans le ciel la constellation Antarmada ; il me montra immédiatement Andromède, bien que Je ne lui eusse donné aucune indication préalable. 11 m'apporta ensuite un ouvrage très-curieux et trèsrare en sanscrit, qui contenait un chapitre sur les Upanachatratf ou constellations extrazodiacales, avec des dessins de Capuja (Géphée), et de Caâyapi (Gassiopée), assis et tenant une fleur de lotus dans la main, avec Antarmada (Andromède) et le poisson auprès d*elle, et enfln de Paraseia (Persëe), qui, d'après les explications du livre, tenait la tête du monstre qu'il avait vaincu ; du sang en découlait, et la tête, au lieu de cheveux, portait des serpents. »
Qui ne voit combien de si curieuses coïncidences sont intéressantes pour l'histoire de la mythologie ancienne? Comme le remarque trèsbien M. A. Vernier dans un article intéressant qu'il a publié récemment au nombre de ses excellentes causeries scientifiques, il est clair que le ciel a été considéré comme le séjour des dieux et des demidieux. L'imagination populaire a cherché et trouvé, dans la poussière lumineuse, des dessins qui forment comme l'image immortelle des flgures qui remplissaient la pensée des hommes. Et dans l'étude qui sera faite, à ce point de vue, des constellations anciennes, il est certain que les philologues découvriront des matériaux précieux aussi bien qae les astronomes eux-mêmes.
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« rage de Thomme les rapproche. Accoutumé à soufTrir « avec patience, et souvent avec joie, les maux qui as- « siègent sa demeure, il aime encore à braver Tincon- « stance des flots. Tu peux distinguer les grandes divi- « sions que la mer a formées. Chacune d'elles a ses « souverains, ses mœurs et ses lois.
« Voici l'Europe chrétienne. Les arts, la politesse et « les vertus guerrières en ont fait la plus noble partie du « monde. Regarde l'Afrique, terre indigente et sans cul- « ture, séjour de l'ignorance et de la barbarie. A son « extrémité, vers le sud, reconnais le promontoire d'Adau mastor ; il termine une vaste contrée où la civilisation « n'a pas encore porté son flambeau.
« Là se présente à nos yeux l'empire du Monomo- (( tapa^ avec ses habitants noirs et nus. Le pieux Gon- (( zale ' y cueillera la palme du martyre. C'est là que la « nature élabore ce dangereux métal, objet des vœux et « des fatigues des mortels ; c'est là qu'elle a caché ce « lac immense où le Nil et le Coama puisent leurs eaux.
« La cabane du nègre ne se ferme jamais: tranquille « retraite, protégée seulement par l'équité des chefs et « la foi du voisin. Vois-tu ces groupes errants, sembla- « blés à d'épaisses phalanges de noirs corbeaux? Un « jour, cette sauvage multitude viendra vers Sofala, « assiéger des remparts dont l'intrépide Nhaya' sera « le défenseur.
1. Le MonomoUpa s'étend par l6«-19o lai. S. et 27«-3|o Ion?. K., sur le plateau qui domine lu côte de Sorala. Il est riche en mines d*or et de fer. Ses habitants sont de la race des Cafres.
2. Le Portugais Gonzale de Sylveira appartenait h la Société des Jésuites : il se rendit en 1565 au Mononiotapa où il périt après avoir opéré un certain nombre de conversions.
3. Pierre de Nhaya, en se rendant aui Indes en 1505, avait construit, dans le royaume de Sofala, une forteresse que les Cafres, h rinsligation des Maures, ne tardèrent pas à assiéger, il lui sufQt, pour repousser leur attaque, d'une petite troupe de trente-cinq hommes bien armés.
LSS LUSUDES. CH. X (Si 91-9:). K9I
« Vois le Ni! jaillir de sa source si longtemps ignon^, « n arrose le pays des Abyssins, adorateurs du Christ ; « des Abyssins qui, sans murs, sans forteresses, n'en « savent que mieux repousser leurs ennemis. Vois-le se « peupler de crocodiles, et de ses eaux fécondes envi- « ronnerMéroé. Méroé*, si célèbre autrefois, a perdu « sa gloire et son nom ; elle n'est plus que Fhumble « Noba.
« Terre de l'Ethiopie î tu seras témoin des exploits et ce des malheurs du généreux Christophe '. 0 Gama ! ce « héros est ton fils! Mais peut-on fuir sa destinée • ?,., « Ramène tes regards * sur la rive où fleurit Mélinde ; « tu n'as point oublié son roi, ni son peuple hospitalier. « Vois le fleuve Raptus* qui, dans le simple langage des « indigènes, prend le nom d'Oby: ses derniers flots arec rosent Quilmancé.
« Non loin du cap Guardafui*, qu'on appelait jadis le « cap des Aromates, s'ouvre une mer célèbre que som- « ble rougir le corail dont elle abonde ; elle sépare «< TAfrique de l'Asie. Mazua, Arquico et Suanquem, or- « nent les déserts de sa rive africaine.
« Suez s'élève au fond du golfe ; c'est l'antique Arsi- « noé : on l'appelait aussi la ville des héros. Elle reçoit
1 . Pline rapporte qu'au lemps do la guerre de Troie Tempire de Méroé compUil 250,000 guerriers et 400.000 arlisans, ditlribués dans vingt villes. La ville de Méroé, capitale de celte contrée, eut longtemps un commerce florissant; elle était célèbre par un oracle d*Amnion.
2. Voir rcipédition et la mort de Cliristophe de Gama dans la Notice historique, p. 391.
3. Stat sua cuique dics; brève et irreparabile lumpus Omnibus est vitœ ; sed famam exlendere fkclis, Hoc virlutis opus
(Virg. Éitiidc, X, v. 4C7-4C0.)