‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 237 sur 240 · Aujourd'hui Doara · texte numérisé non relu

Aujourd'hui Doara

G. Ce cap, à l'extrémité des côtes d'Ajan et d'Adel, portait en offet, autrefois, le nom de Aromatum promoiitorium.

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« aujourd'hui les flottes de TÉgypte, et règne sur les « eaux miraculeuses que le grand Moïse ouvrit jadis à c( ses tribus fugitives. Là commence l'Asie, avec ses vastes « domaines et ses royaumes florissants.

« Voici le mont Sinaï, tombeau de la vierge Gathe- « rine ; Tor et Jedda, que ne rafraîchit jamais l'eau pure a des fontaines ; les portes du détroit qui se termine au (( royaume d'Aden ; enfin les montagnes d'Arzire, rochers « brûlants, qui ne transmettent point aux vallées les « eaux du ciel.

« A tes yeux se déploient les trois Arables, avec leurs « hordes vagabondes et leurs familles basanées. Leurs « agiles coursiers défient les vents et respirent la guerre. « Remarque ce rivage qui borde l'Arabie Heureuse et « va fermer le golfe Persique, au promontoire de Far- « taque.

« Vois Dofar : les autels lui doivent leurs plus doux « parfums. Du côté de Rosalgate et de ses plaines avares, « commence le royaume d'Ormuz. Il s'étend le long de « ces ondes qui verront Castel-Branco * lever sa fonce droyante épée sur les galères ottomanes.

« Vois le cap de Mozande, autrefois le cap Azabore. <t II domine l'entrée de ce grand lac qui s avance entre « les champs fertiles de la Perse et de l'Arabie. Bahreïn « sort du sein d'Amphitrite ; le fond des eaux qui la (f baignent, est semé de perles précieuses, imitant les « couleurs de l'Aurore. Plus loin, le Tigre et l'Euphrate « viennent se confondre avec les flots amers.

« Parcours des yeux l'empire des Persans ; vois leur « cavalerie belliqueuse se répandre dans la plaine. « Guerriers infatigables, ils dédaignent l'usage des fou-

1 . Castel-Branco remporta une grande victoire navale près d'Ormui, et dispersa une flotte importante composée de Maures, de Turcs et de Persans*

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(( dres de TEurope, et montrent avec orgueil leurs mains « durcies par le poids des armes. Mais observe Tîle de « Djaroun* : voisine du rivage où fut Ormuz, elle en a « pris le nom fameux. Ainsi le temps élève et détruit, « efface ou transporte les cités ' et leurs noms.

« Là, doit éclater un jour la valeur de dom Philippe « de Menezès. Avec une faible armée, il dissipera les « légions sorties des remparts de Lara*. Un autre guérie rier les poursuit et les presse; c'est dom Pèdre de c< Souza *, le destructeur d*Ampaze.

« Mais laissons le golfe Persique, et le promontoii*e « de Jasque, anciennement Carpelle, et les plaines in- « cultes qui furent autrefois la Carmanie ; Tlndus ap- (c pelle nos regards. Il roule, à flots pressés, de ces monts « lointains qu'avoisinent d'autres sommets où bouillon- « nent les sources du Gange.

« Regarde Ulcinde et ses riches campagnes, et cette « baie profonde où les flots se précipitent. Le flux les « apporte en grondant; le reflux les rend à la mer. Un

I . L*ancienne Ormuz, que Pline et Slrabon appellent Armuzia, était située sur h côte qui borde le déiroit. Elle tomba peu à peu, et son nom, avec sa prospérité, passa à Tlle de Gérom ou Djaroun.

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