‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 41 sur 240 · Schœffer, Ep. I, liv. I, ch. i · texte numérisé non relu

Schœffer, Ep. I, liv. I, ch. i

13e APBRCU DB L'HISTOIRE DE PORTDOAL.

vons regarder ce voyage à la terre sainte comme très* douteux; il trouvait autour de lui assez d'occasions de combattre les infidèles sans aller les chercher en Palestine. Mais il suffisait que cette expédition fût une opinion reçue parmi les Portugais pour que Gamoens ne laissât pas échapper ce moyen de donner plus de relief au fondateur de la monarchie nationale. Il en parle au chant III^ ' : « Vainqueur des infidèles sur les bords du Tage et du Douro, Henri les combattit encore sur les bords de ce fleuve plus célèbre dont les ondes baignèrent jadis le corps d'un Dieu. Il vit tomber les murs de Solime^ et le sceptre de Godefroy remplacer le joug de rimpie. » Il revient encore avec complaisance sur le même sujet au YIIP chant * : « Après avoir vaincu les Maures, les peuples de la Galice et les guerriers de Léon, le comte Henri va sur le tombeau du Christ sanctifier la tige de nos rois. »

Quoi qu'il en soit de ce voyage, le comte Henri jouit d'une longue et glorieuse vieillesse. Lorsqu'il mourut (1112), à l'âge de soixante-dix-sept ans, il laissait à son fils, Alphonse, encore enfant, un État respecté de tous ses voisins, des trésors considérables conquis sur les musulmans, et quelque chose de plus précieux encore, un ami dont il avait éprouvé lui-même les talents et la fidélité et qu'il lui avait donné pour gouverneur : c'était cet Égas-Moniz dont nous verrons tout à l'heure l'admirable dévouement.

Mais, avant de raconter les événements qui suivirent, et pour mieux en comprendre les détails, résumons en quelques mots la situation générale de l'Espagne à cette époque.

La péninsule espagnole était partagée en deux es-

Page 1