‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 42 sur 240 · St · texte numérisé non relu

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APBRÇU DE L*flISTOIRB DB PORTUGAL. 137

pèces d*États : les États musulmans au sud, et les États chréUans au nord.

I** ÉtiiU musulmans. Le démembrement du khalifat de Cordoue, accompli dans la première moitié du onzième siècle, avait donné naissance à une foule de petits Toyaumes dont l'existence était menacée à la fois par les chrétiens, qui s'étaient emparés de ceux de Tolède et €le Valence, et par les Almoravides, qui avaient conquis ceux de Grenade, de Gordoue, de Murcie, de Lisbonne et de Séville. Les royaumes qui subsistaient encore in* dépendants, étaient ceux de Malaga, de Jaetiy d'Alme^ ^ria, de Badajoz, de TotHose, de Majorque et celui de Dama^ auquel se rattachaient les îles Baléares.

2* Les États chrétiens^ qui s'étendaient depuis la ligne des Pjrrénées jusqu'à la vallée du Tage, formaient deux grands groupes : le premier, désigné sous le nom de royaume d'Aragon et de Navan^e, était compris entre la Sègre, l'Èbre et les Pyrénées, et renfermait les trois petits royaumes de Sobrarbe (c. Vénasque), d'Aragon (c. Jaca), et de Navarre (v. p. Pampelune, Tolosa, Vittoria, Bilbao); au royaume d'Aragon et de Navarre venait d'être ajouté celui de HuescOy enlevé tout récemment aux Maures (i096). Le second groupe, situé à l'est du précédent, était formé de la réunion des royaumes de Castille et de Léon (c. Tolède), auquel se rattachait le petit royaume de Valence (c. Valence), conquis par le Gid en 1094 ^ Le comté de Portugal, érigé pour Henri de Bourgogne sous la suzeraineté de la Cas* tille, venait d'affirmer son indépendance.

Alphonsb i^r (li 12-1185).

Régence de la comtesse Thérèse, — Lorsque le comte Henri mourut, son fils Alphonse n'avait que trois ans. La

L M. H. Chevallier. XY« leçon.

comtesse Thérèse fut chargée de la régence ; mçds, oubliant ce qu'elle devait à la mémoire de son mari et à sa propre dignité, elle contracta avec Ferdinand, comte de Transtamare, un mariage secret que quelques historiens ont révoqué en doute. Toujours est-il que le favori régna sous le nom de la régente, et que, si leur conduite privée ne fut pas à Tabri de nombreux reproches, il y eut également de grandes irrégularités dans leur administration. « Sa mère, dit Gamoens, en croirai-je une tradition qui remonte au berceau de la monarchie portugaise? sa mère ne craignit pas d'offenser les mânes de Henri et de former les nœuds d'un second hyménée. Dans son délire, elle s'empare du sceptre, le livre à Transtamare, et revendique comme sa dot tous les domaines de l'illustre orphelin. — Alphonse (c'était le nom que le jeune prince avait pris de son aïeul), Alphonse s'indigne et frémit. Dépouillé par sa mère, persécuté par un tyran, il conçoit le hardi projet de reconquérir son héritage ; il le médite avec prudence et l'exécute avec audace. — La guerre intestine s'allume. Les champs de Guimaraens se rougissent du sang des familles. Une mère marche contre son fils. Ambitieuse et superbe, elle brave le ciel et la nature. L'amour maternel est éteint dans son cœur; un autre amour le subjugue et l'entraîne ^.. » Alphonse, en effet, à l'âge de dix-huit ans, avait réclamé l'exercice de ses droits ; la comtesse ayant refusé d'abandonner le pouvoir, le jeune prince, aidé des conseils d'Egas-Moniz , pour ne pas être dépouillé de ses Etats, leva des troupes et, les armes à la main, demanda compte de leurs actes à Transtamare et à sa mère. Les deux partis se livrèrent bataille dans le voisinage de Guimaraens, le 24 juin 1128. Transtamare et la comtesse furent battus et faits prisonniers. Alphonse

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