Ch. 111, it. 57, 58, 59 et 60 ; et ch. VIII, it. IS
La prise de Lisbonne livrait le cours du Tage et un commerce important aux Portugais. Alphonse donna des preayes de sa reconnaissance aux étrangers qui avaient bien voulu Taider, et réussit par ses bienfaits à en fixer un assez grand nombre dans le pays : les Allemands fon- * ^
dèrent Aima, et les Français, Aleambaja. jk ,
La chute de Lisbonne eut encore un autre avantage : < * ^ la crainte du nom Portugais se répandit, et la conquête des pays voisins s'opéra plus facilement. « Quand Lisbonne a cédé, dit le poëte, quels remparts pourront désormais résister à la valeur d'un peuple dont le nom seul fcit des conquêtes? La terreur lui soumet TEstramadure entière, Obidos, Torrès-Vedras, Alemquer, où des eaux murmurantes portent la fraîcheur et la salubrité. — Et vous aussi, terres transtaganes, si riches des trésors de Cérès, vous cédez à la fortune des enfants de Lusus; vous leur livrez vos villes et vos moissons. Maure usurpateur, ^ ne cultiveras plus ces fertiles campagnes : Elvas, Moura, Serpa, Alcacer, ne te prêteront plus leur abri : ^ derniers- remparts vont tomber ^ » — Impatient de '^pos, Alphonse court venger sur Béja la destruction de Trancose, naguère livrée aux flammes par les infidèles'; ^ïimbre et Palmala tombent avec elle ' ; le roi de Bad*joz, qui s'est avancé à leur secours avec quatre mille ^valiers et une infanterie nombreuse, est complètement '^ttu*, et cherche vainement un asile dans sa capitale. « Alphonse ne laisse point reposer la victoire. Il appelle de toutes les parties de son royaume des soldats accou- ^"ttiés à vaincre, et d'une forêt de lances entoure Bada- J^2. Le courage impétueux, la froide intrépidité signa-
'• Ch. 111,81. 61 el62.
f- Si. 65.
*• Si. 65 et 66.
Ue APERÇU DE L*HISTOIRE DE PORTUGAL.
lent tour à tour Taudace et le génie du héros, et bientôt Taltière cité grossit le nombre de ses conquêtes * ! »
Une des acquisitions les plus importantes fut celle de la place d*Evora, qui fut enlevée par un coup d*audace de Giraldo Giraldez, surnommé Sem Pavor, le chevalier Sans-Peur. Giraldo, qui avait encouru la disgrâce d'Alphonse, et qui s*était vu obligé de quitter la suite du roi, s'était retiré parmi les Maures, et, suivi de quelques mécontents, s'était mis au service de ce même Ismaël qui avait perdu la bataille d'Ourique; mais il n'avait pas tardé à reconnaître sa faute, et avait résolu de la réparer par quelque action d'éclat. Evora , l'ancienne . place d'armes de Sertorius, était au pouvoir des infidèles : il conçut le projet de la conquérir pour Alphonse. La ville était forte et protégée en dehors par une tour antique, où deux sentinelles veillaient jour et nuit, avec ordre d'allumer des feux au premier danger qu'elles apercevraient. Giraldo, profitant de l'obscurité d'une nuit profonde, marche vers la tour, et, à l'aide de grosses pointes de fer qu'il enfonce dans la muraille, il parvient à gagner une ouverture qui lui fournit un passage. Les deux sentinelles étaient endormies : il les tue, donne le signal ordinaire de l'approche des ennemis, et retourne auprès de ses compagnons, qu'il partage en deux troupes. La première reste en embuscade, la seconde le suit. Cependant la garnison, trompée par les feux qu'il venait d'allumer, sort de la ville et se porte vers la tour. Giraldo, toujours favorisé par les ténèbres, fait un circuit, se rapproche des remparts, surprend les gardes avancées, pénètre dans Evora, et fait main basse sur tout ce qu'il rencontre. Aux cris des habitants ^ la garnison revient sur ses pas, poursuivie à son tour par les soldats de l'embuscade ; pressée de tous côtés, égarée dans l'ombre