‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 46 sur 240 · Ch. 111, 8t · texte numérisé non relu

Ch. 111, 8t

et saisie d^épou vante, elle abandonne ses armes, et la ville entière se soumet à Tintrépide Giraldo. Il obtint d'Alphonse, avec son pardon, le commandement de la place qu'il avait conquise avec tant d'audace et de bonheur*.

Parmi les chevaliers dont le dévouement fut le plus utile au roi de Portugal, nous devons citer aussi dom Fuas Roupinho, surnommé le Lutatius portugais. Un des chefs des Musulmans, Garni, roi de Mérida, avait formé le projet d'assiéger le château où commandait dom Fuas ; celui-ei fut informé de sa marche, et sortit de la forteresse avec une troupe d'élite, pour se mettre en embuscade. Les ennemis se présentèrent en effet; et, au moment où ils escaladaient la place, dom Fuas fondit sur eux, les tailla en pièces et fit le roi prisonnier. Dans la même année, il fut mis à la tète de quelques galères portugaises, et détruisit une flotte des Maures à la hauteur du cap d'Espichel*. Un an après, il rem[)orta une nouvelle victoire près de Geuta*. Ces deux actions navales, il est vrai, n'eurent pas de résultat immédiat; mais la marine portugaise se montrait ainsi sur TOcéan, et prouvait, en portant déjà ses soldats jusqu'en Afrique, combien le royaume nouveau avait acquis de puissance et de confiance en lui-même.

Guerre contre les Espagnols» — Tant de succès n'étaient pas sans inquiéter les Espagnol)*, qui, d'ailleurs, supportaient avec peine que le prince de Portugal eût pris le titre de roi. Quelques terres de la Galice et de TËstramadure, restées en litige, devinrent la cause d'une guerre sanglante entre Alphonse et son gendre don Fernand,

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