‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 52 sur 240 · Gh. 111, 81. 85, 8G et · texte numérisé non relu

Gh. 111, 81. 85, 8G et

; « ;3pji^BRCU DE L'HISTOIRE DE PORTUGAL. i53

^. Alphonse II (1211-1223).

Alphonse II, qui lui succéda, dut tout d*abord s'occuper de dissensions de famille, au sujet du testament de dom Sanche, qui, par quelques termes obscurs, avait accordé certaines concessions territoriales à ses deux flUes, Thérésiaj la veuve du roi de Léon, et Tinfante dona Sancha.

Dès Tannée suivante, il eut à prendre part à une croisade générale contre les Maures. Le fils dTacoub, Muhamad-el-Nasir, convaincu que des victoires sur les Chrétiens pouvaient seules rendre aux Musulmans d'Espagne le joug des Almohades supportable, avait amené dans la Péninsule une armée que Texagération des historiens porte à six cent mille hommes; toute TEurope 8*était émue ; le pape Innocent III avait fait appel à la chrétienté, et les rois espagnols, oubliant un moment leurs discordes et leurs rivalités, s'étaient donné rendezvous à Tolède pour marcher ensemble à l'ennemi. La bataille qui se livra au pied de la Sierra-Morena, et qui est connue sous le nom de las Navas de Tolosa (1212), dura toute une journée, coûta la vie, dit-on, à cent quatre- vingt mille Musulmans, et détruisit la puissance des Almohades en Andalousie : les écrivains arabes euxmêmes n'ont pu s'empêcher de la signaler comme le début de la ruine de l'islamisme en Espagne.

Cinq ans après cette grande action, à laquelle les chevaliers portugais avaient participé glorieusement, une flotte de trois cents vaisseaux, qui, sous le commandement de Guillaume de Hollande et de Georges de Wied, était partie des Pays-Bas et de la Frise, à l'instigation du pape Honorius,pour aller reconquérir le saint-sépulcre, aborda Lisbonne, et prêta un puissant secours à l'archevêque de cette ville, qui, à la tête des ordres militaires

du Portugal, s*empara sur les inildèlies de la ville importante d'Alcacer. « J'aperçois, dit Gamoens, un prélat belliqueux, déposant la crosse d'or pour la lance de fer. Intrépide, inébranlable, il accepte la bataille que lui présente rismaélite... L'orgueilleuse cité d'Alcacer est le prix de la victoire. Ni le courage de ses guerriers ni ses remparts de fer ne sauraient la défendre ; elle ouvre ses portes à dom Mathieu, pasteur des peuples et vengeur de son troupeau ^.. Cette fière cité, si souvent prise et reprise par les Portugais et par les Maures, fut pour toujours purgée des infidèles*. »

Mais, quoique son règne ne manquât pas de gloire militaire, Alphonse II se fit remarquer par son administration beaucoup plus que par ses exploits personnels. Héritier des qualités de son père, il rétablit Tordre dans la justice, et voulut réformer le clergé. Il convoqua solennellement les Gortès nationales, et s'appuya constamment sur le tiers-état pour combattre les prétentions excessives des ordres privilégiés. Les lois qu'il promulgua, eurent pour but d'assurer la liberté individuelle et la propriété, d'abolir des impôts trop lourds, de régler les droits civils des citoyens, d'éviter des jugements précipités dans les afiaires contentieuses, et de fixer les droits de l'Église. S'apercevant que, pour échapper au service militaire, un grand nombre de jeunes Portugais, sans vocation véritable pour la vie religieuse, se réfugiaient dans les cloîtres, il força les moines de cette espèee à servir l'État et la religion, en les armant contre les Maures. Une de ses lois permit aussi aux laïques d'en appeler de la juridiction ecclésiastique à la juridiction séculière. On peut dire que, pour'le temps où il vivait, une telle conduite était en quelque sorte un anachro-

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