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nisme. Aussi, quoiqu'il fût très-religieux, comme ses efforts tendaient à restreindre la puissance envahissante des évêques, il eut à soutenir contre eux une lutte incessante, qui entraîna même son excommunication ; mais il n*en resta pas moins ferme : il montra jusqu*à sa mort une sage et prudente vigueur.
Sanohe n (i 223-1 246).
Sancbe 11 avait à peine vingt ans lorsqu*il parvint au trône. Sa première démarche fut de se réconcilier avec le clergé, en lui faisant les plus larges concessions; mais cette condescendance ne servit nullement à assurer le repos de son règne. La nohlesse en témoigna tout dV bord un grand mécontentement, soit qu*attachée à la mémoire du père, elle blâmât la conduite opposée du flls, soit qu^ayant profité des revenus enlevés aux monastères, elle craignit de s'en voir dépouillée. Et, de son côté, le clergé, loin de lui témoigner de la reconnaissance, éleva d'autant plus ses prétentions qu'il trouva moins de fermeté dans Tesprit débonnaire du roi.
Cependant, à l'origine, Sanche II était aimé de son peuple : quelques succès, remportés sur les Maures, avaient même excité un certain enthousiasme parmi ses sujets ; en s'appuyant fortement sur le tiers-état, à l'exemple de son père, il aurait pu lutter avantageusement contre les ordres privilégiés. Malheureusement pour lui, il avait reçu de la nature une facilité de caractère qui le livi*ait sans défense à quiconque essayait de le gouverner : il tomba dans la dépendance d'une femme dont la duplicité et la folle prodigalité n'étaient pas moins connues que sa prodigieuse beauté. DonaMenciaet les courtisans qui l'environnaient, devinrent tout-puissants : ils disposèrent à leur gré des emplois et des honneurs, dissipèrent
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les finances de l*État, cherchèrent à se créer des ressources en autorisant les Juifs à acheter certaines fonctions publiques, et en inventant de nombreux impôts. Le peuple, écrasé de charges nouvelles, fit alors cause commune avec les nobles et les prêtres.
Une révolution se préparait ; on publiait hautement rincapacité du prince, qu'un sobriquet populaire avait déjà rendu ridicule ' , et les grands, appuyant les discours de la foule, provoquaient à grands cris le renvoi des favoris. Un jour, les habitants d'entre Douro et Minho, las dés vexations qui pesaient sur eux, se réunissent, s'avancent vers Goïmbre, dont le peuple se joint à eux, et enlèvent du palais donaMencia, qui est conduite en Gastille*. On espérait que, soustrait à la pernicieuse domination de la reine, dom Sanche allait gouverner sagement. Un instant effrayé, il promit tout. Mais il ne tint aucune de ses promesses : les emplois publics, les dignités, le produit des impôts, continuèrent d'être la proie des favoris et de leurs adhérents. Les nobles renouvelèrent leurs plaintes, et le peuple, ses doléances ; le pape lui adressa des menaces. Rien ne put l'arracher à l'esclavage où le tenaient ses ministres.
Le pape Innocent IV ordonna alors àTévêque de Porto et à celui de Goïmbre de comparaître au concile de Lyon; pour y rendre compte de la conduite du roi. Les deux évêques, auxquels se réunirent l'archevêque de Braga et les propres ambassadeurs du Portugal au concile , loin de justifier leur maître, le chargèrent encore davantage. Ils obéissaient aux instructions secrètes d'Alphonse, frère du roi, qui était héritier présomptif de la couronne de Portugal, puisque dom Sanche n'avait pas d'enfants. Alphonse avait épousé Mathilde, comtesse de Boulogne,