Elle y mourut sans avoir pu revoir son mari
et résidait en France. Les prélats portugais se rendirent auprès de lui et lui offrirent la régence du royaume. Il se transporta lui-même à Lyon, et négocia si bien avec le pape que celui-ci, par une bulle adressée à tous les sujets du roi Sanche, leur ordonna, sous peine d'excommunication, d'obéir en tout au comte de Boulogne ; la bulle est du 24 juillet i245. Un religieux de Tordre de saint Dominique, F. D. Gil, eut Taudace de la notifier à dom Sancbe.
La résistance n'entrait pas dans les habitudes du roi : il se résigna à son sort, et, sans attendre l'arrivée de son frère, il se retira à Tolède, où il mourut l'année suivante. Gamoens a porté sur lui un jugement sévère : « Monarque indolent, sans caractère et sans vertu, il laissait flotter dans ses mains les rênes de l'État : c'était le règne des favoris. Complice et victime de leurs désordres, il soulevait contre lui la haine et le mépris des peuples, et les peuples indignés demandaient un autre roi... Du fond d'une terre étrangère, le frère de dom Sanche entend la voix du Portugal. Il quitte Boulogne et Mathilde, et reparait, aux acclamations de la patrie, tandis que dom Sanche, encore chargé du vain titre de roi, va finir obscurément, dans Tolède, une vie dont le cours avait été trop long pour sa gloire ^ »
Alphonse m (1240-1279).
Les acclamations dont parle le poëte, ne furent pas tout à fait universelles, et la régence d'Alphonse III fut agitée. Malgré les fautes, l'indolence et la fuite de dom Sanche, tous ses chevaliers n'avaient pas délaissé sa cause ; tous ne reconnaissaient point à la papauté le droit