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de faire ou de défaire un roi de Portugal, et plusieurs, qn ne croyaient pas pouvoir être déliés par une bulle ponii* ficale de leur serment de fidélité envers leur souveraii légitime, lui restèrent fidèles jusqu'à sa mort, refusan de céder, sans combat, aux sommations du régent le châteaux et les places dont la garde avait été confiée i leur honneur.
Rien n*est plus touchant que Tinébranlable dévoûmen de Martin Freitas. II commandait dans Goïmbre, et suppor tait avec un courage opiniâtre toutes les privations insé parables d*un long siège, lorsque dom Sanche moumi. Li régent s*empressa de Ten avertir; mais Freitas, craignan une surprise, demanda et obtint une suspension d'armes afin d*aller à Tolède s*assurer par lui-même de la véritu du rapport. Là, il se fit ouvrir le tombeau du roi, lui remi dans les mains les clefs de Goïmbre, et lui adressa cei paroles : a Sire, tant que vous avez vécu, j*ai essuyé miil dangers, soufi'ert la soif et la faim, mangé du cuir et bi de Teau croupie, pour soutenir vos droits et vous proaTe ma fidélité. A présent que vous êtes mort, je remei entre vos mains les clefs de la ville dont vous m'avie confié la garde. Je dirai aux habitants de Goïmbre qii< vous ne vivez plus, et que nous pouvons obéir à voir frère sans manquer à nos devoirs envers vous. » Apre cette constatation, il revint dans la place assiégée, e] ouvrit les portes à Alphonse, et Ty reçut lui'^méme ei lui disant : « Sire, puisqu'il a plu à Dieu que dom Sanche votre frère, soit mort, prenez votre château. Dorénavan je vous tiendrai pour roi. »
Ge ne fut, en efi'et, qu'en i246, à la mort de son frère qu'Alphonse prit définitivement et régulièrement le titr de roié II conserva à Martin Freitas le commandemeo dont il s'était montré si digne, et traita avec hotineu les chevaliers qui étaient restés jusqu'au bout fidèles i dom Sanche i En même temps, il poursuivit sévèretnen
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les courtisans qui avaient dilapidé les finances de TÉtat. Par ce mélange habile de bienveillance et de répression, par une administration sage et vigoureuse, il fit bientôt oublier ce que son élévation pouvait avoir eu d*odieux dans le principe.
Puis, pour occuper la turbulence des nobles et briller, aux yeux de ses sujets, de cet éclat que donne toujours la gloire militaire chez un peuple guerrier, il résolut de conquérir le royaume des Algarves. Depuis Tépoque où Sancbe I*' s*en était une première fois emparé, et se Tétait vu enlever presque immédiatement, lesguerres partielles contre les Maures de ce pays n'avaient presque pas discontinué, et, dans les derniers temps, un brave chevalier portugais, du nom de Ferez Correa, qui ét€dt grandmaître de Tordre de Sant lago, en Cas tille, s*y était distingué d'une façon toute particulière. Alphonse, après avoir réclamé ses services, combina, par terre et par mer, une expédition qui réussit pleinement. La place de Faro s'étant rendue, il laissa aux habitants musulmans leurs propriétés et la liberté de leur culte ; ces conditions engagèrent immédiatement d'autres villes à faire leur soumission : Âracena, Alconcher, Serpa, se livrèrent à lui Tune après l'autre. Une trêve qu'il avait accordée aux ennemis, n'était pas encore expirée, lorsque six ou sept Portugais, qui chassaient dans la campagne, furent attaqués à Timproviste par une partie de la garnison de Tavira. Ils se défendirent vaillamment et moururent tous, les armes à la main. Correa arriva trop tard pour les sauver; mais il poursuivit leurs assassins, les atteignit sous les murs de Tavira, et entra avec eux dans la ville, qui, après un combat sanglant, resta au pouvoir des Portugais. La prise d'une place aussi importante acheva cette conquête des Algarves, que Camoens, en vers élogieux, attribue en grande partie au grand-maitre de Santiago. ce La Gasiille^ dit-U} le cdmptë parmi ses généraux, mais
le Portugal Ta vu naître. Tout fléchit sous ses armes ; tout cède à sa fortune ; il escalade en plein jour la forteresse, les remparts. Ici, il venge sur Tavira la mort de quelques-uns des siens que Tardeur de la chasse avait entraînés loin du camp; là, par une ruse de guerre, il s'empare de Sylves, dont la conquête avait coûté si cher aux infidèles. 0 Correa! tes exploits font le désespoir de tes rivaux ^ »
Ainsi, Alphonse III avait eu le bonheur d*étendre les États que lui avait laissés son frère. c( Conquérant les Algarves, autrefois Tapanage de la Lusitanie, il avaitf comme le dit le poëte, affranchi l'antique héritage des descendants de Lusus*. » Le Portugal avait enfin atteint ses limites.
Mais, non content de ses succès, il voulut porter ses armes plus loin, passa la Guadiana, s*empara d'Ayamonte, et s'avança contre les Maures jusqu'à Niebla, quand il fut arrêté par les Castillans, que le roi de Niebla avait appelés à son secours. Il dut alors abandonner Ayamonte, laisser la moitié des Algarves, et même se reconnaître vassal du roi de Castille pour l'autre moitié. Il est vrai que, grâce aux négociations qui suivirent, cette vassalité ne fut pas de longue durée : elle cessa dès qu'Alphonse, ayant répudié Mathilde de Boulogne, eut épousé la fille naturelle du roi de Castille, dona Béatrix de Guzman.
Les travaux de la guerre et de la politique extérieure ne l'empêchèrent pas de donner ses soins à l'organisation intérieure du royaume. Il imita son père, prit son appui dans la nation même, convoqua souvent les Cortes, et favorisa, autant qu'il le put, le développement des communes. Il comprenait que tout le pouvoir qu'il