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la paix publique toutes les dignités qu*il tenait de la bonté du roi; entouré d'un certain nombre de seigneurs, ambitieux de gagner tout de suite les bonnes grâces du futur béritier du trône, AlpbOnse, par trois fois, prit les armes contre son père. L'intervention constante de Texcellente reine Élisabetb obtint chaque fois le pardon du coupable ; mais les chagrins, causés par une rébellion si injuste et si opiniâtre, avancèrent sans doute la mort de Denis qui succomba à Santarem, le 7 janvier 1335, à rage de soixante-trois ans et trois mois.
Alphonse IV (i 325- 1356).
A peine en possession de ce pouvoir dont il s*élait montré si avide, Alphonse IV, bien qu'il eût alors près de trente-quatre ans, ne montra tout d'abord que des goûts frivoles, passa la plupart de ses journées à la chasse et délaissa les affaires du royaume. On commençait à critiquer amèrement sa conduite, et déjà des murmures se faisaient entendre, lorsqu'un jour un de ses conseillers les plus âgés et les plus dévoués se permit de lui adresser à ce sujet une fière remontrance : il eut le mérite de la comprendre et, à partir de ce moment, il abandonna sa vie de plaisirs pour se livrer tout entier aux soins du gouvernement. Sans montrer la même bonté que son père, il suivit ses traces, convoqua souvent les cortès nationales, favorisa le tiers-état, combattit avec asâez de bonheur la féodalité et rendit son administration trèsutile à son peuple. Il sembla n'avoir gardé la rudesse et la cruauté de son caractère qu'à l'égard des siens : mauvais fils avant d'arriver au trône, il témoigna, quand il y fut monté, toute la haine qu'il avait vouée à son frère Sanchez, et nous verrons que l'amour paternel ne fut pas non plus une de ses qualités. Sa famille seule souf-
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frit de sa brutalité : ses sujets furent à Tabri de sa mauvaise humeur et ils Taimèrent à cause de la part glorieuse qu*il prit à la bataille de Tarifa, qui fut le fait le plus remarquable de son règne.
Aboul-Hassan, roi de Maroc, appelé par le roi de Grenade, était descendu en Espagne : le roi de Cas tille avait tenté vainement de s'opposer à ce débarquement; son escadre, commandée par Tamiral d'Aragon, avait été détruite. Les forces musulmanes réunies ne comptaient pas moins de quatre cent mille fantassins avec quarante mille hommes de cavalerie ^ Dans des circonstances aussi difficiles, le roi de Gastille eut recours au roi de Portugal, son beau-père, et la reine Marie fut chargée de la négociation. Gamoens, qui raconte cette démarche , prête à la princesse un discours très-pathétique*. Toujours est-il que le danger menaçait tous les chrétiens d'Espagne : les deux rois oublièrent les prétentions réciproques qui les avaient longtemps divisés, réunirent leurs forces contre l'ennemi commun, et vinrent lui présenter la bataille vers le fleuve deSalado, dans les environs de la ville de Tarifa, dont il avait formé le siège. Alphonse IV s'était réservé de combattre le roi de Grenade, dont les troupes passaient pour être les plus aguerries de cette immense armée : il déploya contre elle une bravoure remarquable, et leur déroute eut une influence décisive sur l'issue de la journée. « Les soldats de Grenade, dit Ga- « moens ', opposent vainement à l'impétuosité portu- « gaise leur pesante armure, ils tombent et périssent sous « l'acier qui les couvre. Le guerrier lusitanien ne s'ar- « réte point à ce premier triomphe ; il vole au secours « du Castillan, que pressaient encore les soldats de la