‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 58 sur 240 · Ch. 111, st. tl3et · texte numérisé non relu

Ch. 111, st. tl3et

i68 APBRÇU DB L'HISTOIRB DB PORTUGAL.

« Mauritanie. Le char du soleil descendait Ters le pa* « lais de Téthys, quand la victoire se déclara pour les « deux rois. Les Maures , désespérés, s'abandonnèrent « à leur destin, et les derniers rayons du jour éclairèren <( la plus épouvantable défaite dont le monde ait gardé « la mémoire. » Si Ton en croit les historiens espagnol et portugais, deux cent mille Maures périrent en quel ques heures ; deux fils d*Aboul-Hassan furent tués à côtés, et lui-même n'échappa à la mort qu'en fùyanfP' vers Algésiras, où il se rembarqua précipitamment ave<s» les débris de son armée, tandis que le roi de Grenade Mie courait se renfermer dans sa capitale. Cette grande ba— ^«btaille de Tarifa fut livrée le 29 octobre 4340, et anéanti ^fiLJt en réalité dans la péninsule le reste de la puissance mui iisulmane.

Avant le combat, les deux rois avaient tenu conseilKl i. La plupart des généraux étaient d'avis de ne pas ri quer tout en un jour; quelques-uns jugeaient mè: qu'il était nécessaire de livrer Tarifa. Alphonse lY s opposa avec une grande énergie et son opinion pré lut. C'est à lui que les deux armées attribuèrent ensui l'honneur de la victoire : elles lui décernèrent par accl; mation le titre de Brave , et le roi de Castille lui offrit u large part de l'immense butin qui venait d'être trou'vi^ dans le camp d'AbouI-Hassan ; mais il refusa noblement ces riches dépouilles, et n'accepta, avec quelques armes et quelques étendards, que la trompe d'airain du roi de Maroc.

« De retour dans ses États, il ne songeait plus qu'à « jouir en paix desagrandeur, lorsqu'un tragique événe- « ment vint troubler les jours de sa vieillesse^ » et souiller sa gloire d'une tache de sang à jamais ineffaçable. C'est encore dans Camoens qu'il faut lire le récit émouvant des

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