‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 59 sur 240 · I. Ch. 111, 8t · texte numérisé non relu

I. Ch. 111, 8t

APBBÇU DK L'HISTOIRB DE PORTUGAL. 169

malheurs et de la mort violente de la jeune et belle Inez de Castro ^

Dom Pèdre, fils d'Alphonse lY , était marié depuis Tannée 4335 à Constance, arrière-petite-fille du grand Ferdinand. Il avait conçu une passion violente pour Inez de Castro, dame d'honneur de la princesse. Celle-ci adorait son mari, et la découverte qu'elle fit de ses amours, la conduisit au tombeau. Le peuple, les grands la plaignirent, et, n'osant accuser dom Pèdre, se répandirent en oaurmures, en conjectures odieuses contre Inez, qui cependant pleurait la mort prématurée de Constance. Dom Pèdre, toujours plus épris, lui donnait hautement tant de marques de respect et d'amour qu'on ne doutait presque point qu'il ne l'eût épousée et que son dessein ne fût de la placer avec lui sur le trône après la mort d'Alphonse. Le roi, pour s'en assurer, lui proposa aa mariage aussi utile à l'État qu'honorable pour lui ; U s'y refusa constamment. Irrité de ce refus, craignant aussi qu'un jour les enfants d'Inez ne parvinssent à rairir la couronne au jeune prince que dom Pèdre avait eu de Constance, excité d'ailleurs par ses conseillers intimes, Diego Lopez Pacheco, Pedro Coëlho, et le grand sénéchal du royaume, tous trois ennemis déclarés de la famille des Castro , le roi consentit à sacrifier Inez a ce qu'ils appelaient la raison d'État. Affermi dans ce dessein, il partit de Montemor-o-YelhO; accompagné de ses trois favoris, et se rendit à Coïmbre, où Inez vivait retirée dans le palais de Sainte-Claire. L'infant était à la chasse. « Quand dona Inez, dit la chronique, sut la venue du roi et les intentions qu'il avait contre elle, transportée de la douleur où elle était de ne pouvoir se sauver par aucun moyen, elle vint le recevoir à la porte avec un visage de femme qui voyait la mort présente ;

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