‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 61 sur 240 · Ch. III, tl · texte numérisé non relu

Ch. III, tl

i74 APERÇU DE L'HISTOIRE DE PORTUGAL.

de la prospérité publique ; le trésor fut bientôt plus riche qu'il n'avait été sous aucun des rois précédents; et, lorsqu'il succomba, la foule se plut à répéter qu'il ne s'était pas encore vu en Portugal dix années consécutives comme celles de son règne et qu'un tel prince aurait dû ne pas nattre ou ne pas mourir.

Il n'était âgé que de 48 ans quand il mourut à Estremoz, le 18 janvier 1367. Gomme il l'avait expressément ordonné, il fut inhumé au monastère d'Alcobaça, dans le tombeau qu'il s'était préparé auprès de celui d'Inez de Castro.

Dom Femand (1367-1383).

Dom Femand avait 22 ans. Jamais prince ne parvint à la couronne sous des auspices plus favorables : le commerce était florissant, les campagnes bien cultivées et les flnances en bon ordre. Lui-même ne manquait pas d'intelligence, et les premières années furent employées à des travaux utiles ; de nouveaux édifices furent élevés, plusieurs places fortifiées, Lisbonne entourée de remparts, dont on voit encore aujourd'hui quelques ruines; mais bientôt Tinsouciance qui lui était naturelle, la faiblesse de son caractère , des guerres mal entreprises et mal conduites, son penchant immodéré pour les plaisirs, et enfin la passion aveugle qui lui fut inspirée par une femme ambitieuse et perverse^ l'entraînèrent de faute en faute et lui firent compromettre l'indépendance même du Portugal, ce L'inexorable dom Pèdre, dit Gamoens, eut pour fils et pour héritier le faible Femand. Plongé dans les plaisirs, le nouveau roi livra son pays sans défense aux ravages des Castillans. La couronne chancela sur sa tète; l'Etat tout entier pencha vers sa ruine; on eût dit que les Portugais ne connaissaient plus de pa« trie. Les rois faibles énervent les nations fortes '• »

Page 1