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APERÇU DE L'HISTOIRE DE PORTUGAL. i75
La première imprudence qu'il commit, fut de prétendre à la possession de la Gastiile en qualité de petit-fils de dom Sanche et d'attaquer Henri de Transtamare, alors que celui-ci, par des victoires répétées, avait fortement établi son pouvoir sur ce pays. Ce fut en vain qu'il chercha des alliés utiles dans le roi d'Aragon et dans le roi musulman qui régnait à Grenade ; Henri de Transtamare l'emporta, et il fut heureux pour les Portugais que l'intervention du pape Grégoire XI fît cesser les hostilités. La paix fut signée à Évora au mois de mars 437i et confirmée par un mariage; dom Femand renonçant à la fille du roi d'Aragon, qu'il avait précédemment demandée, promit d'épouser Ëléonore, fille du roi de Gastiile.
Mais, à peine ce traité venait-il d'être conclu, qu'il s'éprit d un fol amour pour une dame de sa cour, LéoiM)r Tellez, qu'avait épousée plusieurs années aupaïïvant Juan Lorenzo da Gunha , seigneur de Pomhciro. D la fit divorcer, et, malgré les remontrances de ses conseillers, malgré les exhortations de son peuple, qui envahit un jour son palais pour le supplier de renoncer aune telle union, il la contracta publiquement à ^0, dans la même année.
En même temps qu'il dédaignait ainsi d'une façon aussi outrageante l'infante Ëléonore, il fît alliance avec le duc deLancastre qui, par suite de son mariage avec la fîlle de l'ancien roi de Gastiile, avait sur le trône de ce pays ^es prétentions qu'il soutenait par les armes.
C'était une double violation du traité d'Évora. A cette '^^^elle, Henri de Transtamare, indigné, se mit, sans '^^d, à la tête d'une puissante armée, envahit le Por- ^^^^ dévasta la province de Beira et vint assiéger Lis- "^'^ne, dont un quartier fut incendié par les habitants affolés de désespoir. Gependant, Femand, nonchalam- ''^enl enfermé dans le château de Santarem en compa-
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gnie de la nouvelle reine, regardait avec insouciance les incendies qui ravageaient son royaume. « Des liens coupables, s'écrie le poëte, enchaînaient Tindolent monarque, et, tranquille à Tabri d'un honteux hymen, il oubliait, au sein de la mollesse, la sûreté de son empire et rhonneur de sa couronne. Tant le cœur se flétrit dans Tesclavage d'un vil amour M » 11 fallut, pour sauver le Portugal, que Grégoire XI intervint de nouveau. Les deux rois eurent une entrevue sur le Tage, en vue de Lisbonne, signèrent, le 19 mars 1373, un nouveau traité de paix. Fernand, qui avait disposé déjà quatre fois de la main de sa fille Béatrix, la fiança à Tinfant de Gastille.
Honteux sans doute du rôle méprisable qu'il venait de jouer dans cette guerre, le roi, pendant quelque temps, reprit en mains les affaires. 11 eut le mérite de prévoir l'importance que la marine portugaise pouvait acquérir; il profita des immenses forêts qu'avait plantées le roi Denis, les livra gratuitement à l'exploitation des navigateurs et favorisa de tout son pouvoir le commerce extérieur.
Malheureusement, la légèreté de son caractère et son ambition aventureuse ne lui permirent pas de rester toujours attaché à ces occupations sérieuses et pacifiques. Il envoya en Angleterre le comte Andeiro nouer, en son nom et au nom de Léonor, une négociation qui amena six mille Anglais en Portugal et, en 438f , comptant sur cet appui, il provoqua la Gastille. Le succès ne répondit pas à son attente : le pays fut encore livré à toutes sortes de dévastations, saccagé, non-seulement par l'ennemi^ mais aussi par ses nouveaux alliés, qui se conduisirent^ on brigands bien plutôt qu'en soldats durant tout leur* séjour. Après deux années de sanglants déchirements,