‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 67 sur 240 · Ch. IV, 8t. 35 et suiv. Jusq. st. 42. î. Ch. rV, su · texte numérisé non relu

Ch. IV, 8t. 35 et suiv. Jusq. st. 42. î. Ch. rV, su

184 APERÇU DB L'HISTOIRB DB PORTUGIL.

trième fils d'Edouard III, roi d'Angleterre. Il avait épousé, en secondes noces, la princesse Constance, fille de Pierre IV de Castille ; et, comme ce dernier n'avait point laissé d*enfant mâle. Constance demeurait seule héritière d'une couronne usurpée par la famille de Henri de Transtamare.

La France, qui jusqu'alors était restée indifférente à la querelle du Portugal et 8e la Castille, y prit part aussitôt qu'elle vit FAngleterre s'en mêler ; elle ne pouvait d'ailleurs oublier que c'était elle qui avait mis la couronne sur la tête de Henri, père du prince régnant; et Louis de Bourbon fut chargé d'aller défendre contre les Anglais l'œuvre de Duguesclin.

Le duc de Lancastre et le roi de Portugal réunis 8*a-f vancèrent dans le royaume de Léon, et s'emparèrent de plusieurs places fortes. Leurs ennemis eurent la sagesse de faire traîner la guerre en longueur. La division se mit entre les Anglais et les Portugais, les vivres leur manquèrent, et le roi de Portugal, tombé malade, fut obligé de quitter Tarmée et de retourner à Lisbonne. Pendant son absence, le duc fit la paix avec le roi de Castille, et se rembarqua pour l'Angleterre.

Jean vit sans chagrin le départ de son allié. En apr pelant le duc en Espagne, son but n'avait été que d'inquiéter l'ennemi, d'épuiser les ressources de la Castille et de la disposer à la paix. L'objet de sa politique était atteint ; car, bien qu'il n'eût pas été question du Portugal dans les conventions anglaises, la guerre entre les Portugais et les Espagnols ne se fit plus que mollement, et un traité, qui valut à Jean 1*' la restitution définitive de toutes les villes et de toutes les places encore attachées au parti de Béatrix, fut enfin signé en 4399.

Après cette longue guerre de Tindépendance du Portugal, qui durait depuis la mort du roi Fernand, Jean P' put donner plus de temps à l'administration in-

térieure de son royaume : il entreprit avec ardeur et suivit avec fermeté la réforme des abus que les hostilités permanentes ne lui avaient pas permis de réprimer. De même qu*il avait eu sur les champs de bataille un puissant auxiliaire dans la personne du connétable Alvarès, il eut le bonheur de trouver dans Jean de Regras uo chancelier savant et infatigable. Avec lui, il travailla assidûment à rabaissement de la puissance féodale, à. Textension continuelle de la prérogative royale ; il fit quelques mécontents, mais il ferma Toreille aux murmures des seigneurs, et Tappui de la nation lui permit de mener à bien son entreprise.

Parmi les nombreuses décisions qu'il prit pour améliorer l'organisation des divers services de son gouvernement, il en est une que nous devons mentionner particulièrement : il exigea que les actes publics, qui jusqu*alors avaient été datés de Tère de César, le fussent désormais de Tère chrétienne.

Ce fut au milieu de cette période pacifique de son règne qu'il reçut du duc de Lancastre une lettre, qui appelait douze chevaliers portugais en Angleterre pour venger l'honneur outragé des dames anglaises, a Jean I*', « dit Gamoens, n'avait plus d'ennemis à combattre. « Les Castillans respectaient sa puissance, et le monde « honorait ses vertus. Ses guerriers reposaient sur des « trophées, quand la nébuleuse Albion vit éclater une <c querelle qui devint pour la Lusitanie une nouvelle « source de gloire. Un grand débat s'était élevé entre les « jeunes seigneurs et les jeunes beautés de la cour d'Ange gleterre. La discorde secoua sur eux son flambeau ; t et les nobles chevaliers, avec cette arrogance si fa- « milière aux hommes de cour, exhalèrent leur courroux « en paroles outrageantes contre l'honneur des dames ^o

Page 1