‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 83 sur 240 · Ch. I, 8t. 44 et 8uiv · texte numérisé non relu

Ch. I, 8t. 44 et 8uiv

APBRÇU DB L'HISTOIRB DB PORTUGAL. 231

Ifaore, du pays de Fez, qui, s*abouchant avec Martinez, fut bien étonné d'apprendre que les bâtiments qu'il voyait, arrivaient directement du Portugal ; puis, ayant aippris de Gama le but de sa mission^ et le besoin qu'il «vait de pilotes, il lui promit ses bons offices auprès du cheik , se chargea pour ce dernier de quelques présents, et affirma qu'on obtiendrait facilement des pilotes capables de conduire la flotte aux Indes ^ Tandis que les Portugais s'abandonnaient en toute confiance à ces belles promesses, le Maure aUa instruire le cheik de leur arrivée, et les musulpans de Mozambique, dans leur haine clairvoyante, comprirent tout de suite l'importance d'une pareille expédition. Leur religion , leur sécurité, leur intérêt commercial, tout leur conseillait d'y mettre obstacle; et ils eurent, pour cela, recours à la ruse. Pendant qu'il ordonnait aux siens de s'armer, le cheik invita Gama à entrer dans le port, lui fit une visite* et, pour détourner ses soupçons, lui envoya deux pilotes. Mais ceux-ci, par leurs réticences , inspirèrent quelque défiance au capitaine, qui dès lors prit plus de précautions; il ne laissa pas débarquer ses hommes; bien lui en prit: car, dès le lendemain, une chaloupe, qui s'était éloignée des navires pour faire de l'eau et du bois, fut attaquée à rimproviste ; ceux qui la montaient, durent se défendre à coups de mousquet. Un des deux pilotes avait disparu. Gama sortit aussitôt du port et se retira à environ une lieue de Mozambique, près d'une petite île à laquelle il donna le nom de Saint-Georges. Puis, comme il avait absolument besoin d'eau, il se fit conduire par celui des deux pilotes qui était resté ; mais celui-ci s'enfuit à son tour, après avoir essayé de l'égarer, et, lorsque les Portugais le réclamèrent, il leur fut ré-

Page 1