‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 86 sur 240 · Ch. VII, 8t. 38 et · texte numérisé non relu

Ch. VII, 8t. 38 et

le droit de combattre , devait passer avec indifférence d'une domination sous une autre.

Le morcellement de la terre , sous une foule de rois indépendants et rivau!c les uns des autres, était aussi une cause d'aflaibilssemont continu. Les conquérants européens ne devaient pas manquer de profiter de ces rivalités, en s'immisçant comme protecteurs dans les querelles de tant de princes.

Le roi de Galicut, avec qui Gama allait entrer en relations, portait le titre de Samorin. Il n'avait pleine auto* rite que sur le Kanara^ royaume de soixante-dix lieues de long. C'était, il est vrai , un des territoires les plus riches de toute la cùte de Malabar ; il était très-peuplé et renfermait, outre Calicut, des villes importantes comme Mangalore et Gananore. Galicut , malgré sa nombreuse population , n'était pas encore une des cités les plus luxueuses de l'Orient; elle possédait bien quelques grandes pagodes, et le palais du Samorin n'était pas un édifice ordinaire, mais les maisons , pour la plupart, étaient construites en bois et recouvertes de feuilles de palmiers. Elle faisait pourtant un commerce considérable avec l'Kgypte, et voyait arriver, à certaines époques de l'année, un très-grand nombre de vaisseaux.

Ge fut un bonheur pour Gama d'avoir fait route, sans le savoir, par la plus mauvaise saison, car il ne trouva dans le port devant lequel il vint jeter l'ancre, aucune de ces flottes puissantes qui auraient pu ruiner la sienne. Il eut d'ailleurs la prudence de ne pas y pénétrer immédiatement. 11 envoya d'abord en éclaireur un de ces condamnés qui accompagnaient d'ordinaire les expéditions, et qui s'aventuraient volontairement avec l'espoir d'être graciés. Gelui-ci s'avança seul vers la cité ; la foule qui l'entourait ^ tout étonnée de son costume, de ses ma-

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