‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 87 sur 240 · I. Ch. VII, Rt · texte numérisé non relu

I. Ch. VII, Rt

oières et de son langage, qu'elle ne pouvait comprendre, le conduisit chez un Maure, natif de Tunis, établi depuis longtemps à Galicut ' : il savait l'espagnol et se rappelait avoir vu autrefois des Portugais dans son pays. On ra[)^ pelait Mozaïde. Il ne fit pas mauvais accueil au nouveau venu' et consentit même àee rendre avec lui sur le vaisse$iu de Gama, à qui il expliqua comment il était arrivé dansTInde par la voie du Caire*. Il lui apprit aussi que le Samorin était pour le moment à quelque distance de sa capitale, et conseilla de lui envoyer une ambassade. Gama expédia donc deux de ses compagnons avec Tinlerprète pour annoncer au monarque son arrivée, ainsi que la mission dont il était chargé par le roi de Portugal ; le Samorin se montra tout d'abord bienveillant, leur offrit plusieurs présents , et les renvoya en faisant dire qu'il allait se rendre à son palais pour recevoir officiellement l'ambassadeur du roi de Portugal , dont la flotte pouvait entrer dans son port. Malgré cette autorisation, Gama, qui se rappelait les trahisons de Mozambique et deMombaze,aima mieux laisser ses vaisseaux à l'ancre, et résolut de débarquer avec douze des siens. Son frùrc et les autres chefs essayèrent en vain de le dissuader d'aller lui-môme à terre; il maintint sa résolution, leur recommandant seulement de tenir la mer, afin que, s'il lui arrivait malheur, ils eussent la facilité de s'en aller et de porter en Portugal la nouvelle de leur découverte. Ce fut le 28 mai que Gama débarqua sur la terre de l'Inde*. Le ministre du Samorin , le Catual , l'attendait sur le rivage et lui offrit un palanquin escorté de deux cents naïres*. Il fallut traverser toute la ville et marcher

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