‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 88 sur 240 · Ch. VII, 8t · texte numérisé non relu

Ch. VII, 8t

longtemps pour arriver au palais. Pendant ce trajet, on entra même dans une pagode^ où les Portugais trompés, parait -il, par la ressemblance de certaines cérémonies et croyant' qu'on leur parlait de la vierge Maria, alors qu*on prononçait le nom de la déesse Mahà, furent persuadés que les indigènes étaient en majorité chrétiens, et se mirent en prière avec eux. Lorsqu'on fut aux ^ abords du palais , le Gatual et son escorte furent relayés par un autre chef, d'un ordre encore plus élevé, et qui avait une garde de deux mille guerriers. Le peuple qui se pressait de toutes parts pour assister à un spectacle si nouveau^ encombrait tellement la voie que cette garde, d'après le récit des anciens historiens, dut s'ouvrir un passage à coups de cimeterre et fit un grand nombre de blessés.

Gama, avec ses douze compagnons, parut enfin devant le roi'. Mais U avait commis la faute irréparable d'entrer au palais sans être précédé de magnifiques présents, capables de démontrer d'une manière tangible la richesse et la puissance du roi au nom duquel il vencit ofi'rir un traité d'alliance. La sévérité de sa personne, la dignité de son maintien et de ses paroles ne produisirent pas un grand efiet. Le Samorin,il est vrai, ne refusa pas l'alliance qui lui était offerte, mais, par toute sa conduite, il témoigna combien il dédaignait des ambassadeurs aussi pauvres : il ne se contraignit point pendant l'audience , et rit à son aise de leur tournure et de leurs manières; il leur fit présenter des figues pour tout raffraichissement, et, lorsqu'il les eut congédiés, il ne leur fournit plus d'autre escorte que quelques officiers. Gama, au milieu de curieux qui criaient et se moquaient , dut

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