Doces e claras aguas do Moddego... (Sonn. CXXXUI
VIS DB GÂMOENS.
8a JeoneMe et son exil
Ses études terminées, Camoens revint à Lisbonne; il n'avait pas vingt ans. La noblesse de sa naissance, qui n'était pas assez relevée pour qu'il fût reçu à la cour, lui permit du moins d'être présenté aux personnages les plus éminents et de former liaison avec les jeunes gens des plus hautes familles. Ses premières poésies, qui dénotaient un grand talent et une étude approfondie des bons modèles, l'avaient déjà fait remarquer : son imagination romanesque, la douceur et la facilité qu'il montrait dans le commerce de la vie, lui créaient aisément de nouvelles relations, et, pour ceux-là mêmes qui ignoraient encore son mérite, les avantages physiques dont il jouissait, étaient dénature à donner de lui une opinion avantageuse. Ses contemporains nous ont conservé son portrait ' . « Il avait, dit Manoêl Severim de Faria, la taille moyenne, le visage
1. MaQoel Correa, son ami, possédait un portrait de lui : Faria e Sousa leflt graver en regard dusicn, dans son Commentaire des Lusiadet, en 1639. Dès l634,Manoel Severim de Faria* le premier commentateur qui essaya d'extraire des œuvres mômes du po6te les renseignements sur les parties obscures dé sa vie, avait publié, dans ses Discursot varioi e poiUicos (in-4°), une gravure dont Toriginal appartenait, disait-il, à son neveu Gaspard Severim. La ressemblance de ces deux gravures permet de croire qu'elles ont été faites d'après une môme peinture. Quant à la médaille qui a été frappée en 1 582 et que le biographe anglais John Adamson a fait graver en 1820 dans son ouvrage (t. Il, p. 270), elle était la copie d'un portrait peint, appartenant au marquis de Nixa, neuvième descendant de Vasco de Gama.
I VIB DE GÀlfOBMS.
plein, le front un peu ayancé, le nez aquilln, les cheveux d'un blond safrané, Tabord riant et gracieux, surtout dans sa jeunesse. » Ainsi orné de tous les avantages que peuvent donner la nature et Téducation, il avait, conune nous le voyons par les .sonnets , les odes et les églogues qu'il composait alors, de nombreuses amitiés : les plus illustres étaient celles de dom Constantin de Bragance et de dom Emmanuel de Portugal ; les plus douces, celles de dona Francisca de Aragfto et de dona Guiomar de Blasfé. Mais,
.... Quem pode livrar-se por ventura Dos laços que amor arma brandamente?
« Comment, dit-il, échapper aux pièges qu'amour sait nous tendre ' . » Et nous ne pouvons pas affirmer que, dans les élans de sa légèreté juvénile, sa muse, semblable au papillon printanier qui butine, n'erra pas plus d'une fois d'une fleur sur une autre. N'avoue-t-il pas lui-même « qu'au temps où il avait l'habitude de vivre d'amour, il n'était pas toujours attaché à la même reine, mais que, tantôt libre et tantôt esclave, il changeait de flammes et brûlait diversement*? »
1 . GomAent échapper aux piégea qu*il sait nous tendre entre les lis et les roses, entre l*or d'une blondo elievelure et l*albâtre qui se dérobe sous un voile transparent t Comment résister au pouvoir d*une tête enchanteresse? Plus dangereuse que celle de Méduse, qui transformait les cœurs en rochers, elle les change en brasiers dévorants.
.Quel mortel est à répreuve d'un coup d*Œil, d'un sourire de la l^utéP Quelle défense opposer à des charmes célestes qui pénètrent les âmetet ne laissent plus sentir que le besoin d'aimer? (Lus., fin du ch. IlL)