St. 78 et 8ui?. jusqu'à la fin du ch. YIIL
2, Ch. IX, st. ] josq. Té
244 APBRÇO DB L'HISTOIRB DB PORTUGAL.
Portugais de Pandarane^. Ce fut le nègre Ganaca qui, bravant les plus grands périls, réussit à se procurer une petite barque , et vint lui annoncer la situation critique dans laquelle se trouvaient ses deux compagnons. Gama feignit de tout ignorer : il laissa les Hindous venir, comme d'habitude, vers ses vaisseaux pour échanger quelques menus objets; puis, à Timproviste, il s'empara d'une douzaine des plus notables, déclara au Samorin qu'il les gardait comme otages, et en même temps fit avancer ses navires' tout prêts à se servir de leur artillerie. Le Samorin intimidé s'empressa de désavouer le Gatual, ordonna de délivrer et de renvoyer les deux prisonniers*, et fit même remettre à Gama, pour le roi de Portugal, la lettre qu'on avait sollicitée de lui , lors des deux entrevues. Gama avait donc rempli complètement sa mission et il pouvait partir. Il s'éloigna, sans retard, le 29 août 1498. Mais il est pénible de dire qu'après avoir échappé à toutes les perfidies auxquelles il avait été en butte, il se rendit lui-môme coupable d'une indigne trahison : il ne relâcha que six des otages qu'il avait pris, emmena les six autres et dispersa, le lendemain matin, par quelques coups de canon, les faibles embarcations qoi s'efforçaient de le suivre pour les lui réclamer. Ainsi commença la conquête des Indes I
La flotte, en se dirigeant vers Mélinde , subit un sinistre : le Raphaël donna sur des bas-fonds et dut être abandonné. Son équipage d'ailleurs fut sauvé et réparti sur les deux seuls navires qui restaient. Ceux-ci longèrent la côte orientale de l'Afrique , doublèrent tranquillement le cap de Bonne-Espérance, et étaient arrivés sans incident jusque dans les parages du cap Vert, lorsque, le 20 mars, ils furent assaillis par une tempête qui les